Actualisé 03.03.2020 à 11:15

Berlinale 2020

Nahuel Pérez Biscayart: «J'aime trop l'anonymat»

Le jeune acteur révélé par «120 battements par minute» était au Festival de Berlin pour présenter deux films.

de
Marine Guillain Berlin

Retour aux sources avec «El Profugo»: dans ce thriller fantastique, l'Argentin de 33 ans joue en espagnol, sa langue maternelle. Tout autre son de cloche avec «Persian Lessons»: un long métrage russe dans lequel Nahuel Pérez Biscayart joue un juif belge qui se fait passer pour un Iranien afin de ne pas se faire tuer par les nazis...

Comment faites-vous pour être capable de jouer dans tant de langues différentes? Est-ce un don?

Un don non. C'est du travail. J'ai eu très envie d'apprendre le français et l'anglais, je m'y suis mis à fond et ça a fonctionné. Certaines choses sont plus faciles à dire dans une langue qui n'est pas la nôtre.

Du genre?

Dans «120 battements par minute» par exemple, il y avait deux phrases très compliquées pour moi, genre «Je t'aime» et «Tu me manques». C'est des phrases que je dis peu dans la vie. J'essaie de les dire plus, mais tout ce qui est amour-sexe est vraiment tabou dans notre monde, c'est fou. On voit des scènes de perversion et de viol qui sont acceptées dans le cinéma, alors que quand on parle de vrai amour et de vrai partage, c'est plus difficile de se mettre à poil. Enfin, quand j'ai dû dire ces phrases en français, j'ai réussi à m'ouvrir, j'ai ressenti quelque chose de libérateur.

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Qu'a changé «120 battements par minute» dans votre vie et dans votre carrière?

Après ce film j'ai reçu beaucoup plus de scénarios qu'avant, surtout des scénarios européens. Les prix aident beaucoup, car les gens sont un peu obsédés par les Oscars et tout ça. En tout cas c'était une super belle exposition.

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Une exposition qui vous a propulsé sur le devant de la scène...

C'est vrai. Pourtant, j'aime trop l'anonymat. Je sais que c'est un peu contradictoire avec ce que je fais, mais j'adore être pénard, avec des amis, marcher dans la rue... Je ne supporte pas du tout la reconnaissance. C'est peut-être pour ça aussi que j'ai commencé à faire des films à l'étranger: du coup quand je suis en Argentine personne ne me reconnaît. En France un peu plus, mais ça reste gérable.

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Vous vivez en France?

Actuellement oui, car je joue au théâtre. Mais ça dépend des périodes. Je n'aime pas les choses figées. J'aime être surpris. Je suis un explorateur.

Vous avez tourné pour un réalisateur lausannois en Suisse et participé au Festival de Locarno en tant que jury: quel souvenir gardez-vous de ces expériences?

La Suisse est un pays calme et très bizarre pour moi en tant que Sud-Américain. Je n'y suis jamais resté plus longtemps que pour un tournage ou pour un festival. Mais j'aimerais y retourner. La Suisse, c'est un peu Mars pour moi. C'est un pays très contradictoire en fait: la neutralité, les banques, le vrai pouvoir, et en même temps c'est archidémocratique, référendum tous les jours... c'est fou, c'est difficile à comprendre.

Un extrait de «Persian Lessons»:

La bande-annonce de «El Profugo»:

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