Suisse romande: Naissances à la maison: peu de risques avec le Covid
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Suisse romandeNaissances à la maison: peu de risques avec le Covid

La pandémie a fait grimper le nombre d’accouchements à domicile. En ces temps de coronavirus, cette pratique hors milieu hospitalier n’inquiète pas les professionnels de la santé.

par
David Ramseyer
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La crainte d’une contagion à la maternité, conjuguée à l’absence du père pendant et après la mise au monde en raison des restrictions dues à la pandémie, ont fait grimper le nombre d’accouchements à domicile, l’an passé. Même si ce choix reste encore très minoritaire et que les statistiques 2020 ne sont pas encore disponibles, le constat est général parmi les sages-femmes indépendantes romandes. «J’ai triplé le nombre de mes suivis», illustre Nathalie Luisoni, coprésidente de la section genevoise de la Fédération suisse des sages-femmes. Côté vaudois, on signale une même tendance à la hausse. Reste à savoir si donner la vie chez soi, hors milieux hospitaliers, où les protections sanitaires sont importantes, ne représente pas un risque lié au Covid. Non, assurent tant le CHUV et les HUG que les sages-femmes.

«On ne peut jamais tout prévoir», mais la pratique est «a priori sans danger», estime le professeur David Baud, chef du service obstétrique du CHUV. «L’arrivée du coronavirus n’a rien changé en matière de sécurité. Nous connaissons bien les professionnelles qui accompagnent ces mères, ce sont des expertes, elles doivent appliquer des normes sanitaires strictes.» Même constat de la part des Hôpitaux cantonaux de Genève, qui soulignent que «la maternité entretient d’excellentes relations avec les maisons de naissance et avec les sages-femmes indépendantes».

Accompagnement très contrôlé

De manière plus générale, les risques d’une naissance à domicile sont aussi limités en raison des critères établis pour encadrer la pratique. «Nous n’accompagnons que des patientes en bonne santé, elles ne doivent pas avoir de pathologie sous-jacente comme du diabète ou de l’hypertension, et leur grossesse doit se dérouler de manière normale», liste Nathalie Luisoni. «Dans ce cas, les futures mères n’ont pas forcément besoin du plateau technique d’un hôpital, appuie David Baud. Mais si d’aventure un problème survient lors de leur accouchement, les sages-femmes nous appellent tout de suite.» Par exemple lorsque le travail se prolonge plus que de raison ou qu’une hémorragie se déclare.

Par ailleurs, «les patientes que nous accompagnons durant plusieurs semaines avant et après la naissance sont informées dès le départ des éventuels risques», précise Nathalie Luisoni. Au final, la présidente du Groupement des sages-femmes indépendantes vaudoises, Marie-Pierre Beck, relève que «les critères de sécurité, ce sont aussi des critères de succès».

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