Actualisé 05.12.2013 à 07:24

Florent Ladeyn

«Naoëlle a parfois été protégée par les chefs»

Le finaliste de «Top Chef» sera présent à Martigny ce samedi. L'occasion pour lui de revenir sur une année 2013 pleine de succès.

de
Mathilde Jarry
Malgré sa participation à l'émission de M6, le Français a tenu à ne pas augmenter les prix des plats de son restaurant.

Malgré sa participation à l'émission de M6, le Français a tenu à ne pas augmenter les prix des plats de son restaurant.

Sa bonne humeur et sa solidarité ont fait de lui l'un des candidats les plus attachants du concours culinaire. A 29 ans, le finaliste de «Top Chef 4» continue de tracer sa route. Il cuisinera samedi lors du repas de soutien du HC Red Ice à Martigny. Jean-Philippe, arrivé 3e dans le jeu, le secondera.

Vous avez inauguré mercredi un restaurant à Lille. A quel rythme vivez-vous depuis «Top Chef»?

Je vivais à 100 à l'heure depuis la fin de l'émission en avril car on était tout le temps complet à l'auberge familiale dans le Nord de la France. Je vivais à 150 à l'heure depuis la naissance de mon fils en septembre, et là je vis à 200 à l'heure depuis l'inauguration hier de mon restau à Lille. Mais ce n'est que du bonheur puisque ce sont des choix personnels. Je ne dors pas beaucoup en ce moment, mais quand j'ai mon fils une demi-heure dans les bras et qu'on s'endort à deux, c'est génial.

Comment parvenez-vous à gérer votre notoriété?

Je l'ai vécue avec du recul. Je suis bien entouré, et j'ai les pieds sur terre. Et puis tout ceci n'est qu'éphémère. Tout ça a été violent, mais génial.

Imaginiez-vous tous ces changements avant de participer à l'émission?

Pas tellement, parce que c'était quelque chose après laquelle je ne courrais pas. Suite à «Top Chef» j'ai eu un besoin de créer, et d'entreprendre. A 29 ans, c'était un moment opportun pour le faire. Surtout que mon objectif à moi, c'est de tout claquer à 50-55 ans et d'acheter un bateau! J'adore la mer. Quand on part en vacances en voiture, on suit les routes, on se parque sur des parkings. Avec un bateau on peut mouiller où on veut. Il y a une grande liberté.

Jean-Philippe a déclaré avoir triplé sa clientèle. Est-ce votre cas?

Notre auberge familiale est ouverte depuis 31 ans. On a toujours eu du monde le week-end. La grande différence c'est que maintenant on n'a plus de saisonnalité. Été, hiver, semaine ou week-end, c'est pareil. «Top Chef» nous a fait venir les clients, à nous de les faire revenir.

Ne ressentez-vous justement pas beaucoup de pression?: être à la hauteur de ce que vous avez montré dans «Top Chef»?

Je ne veux pas me mettre la pression. Avant l'émission, l'avantage, c'est que je pouvais surprendre les clients. Ils arrivaient dans un cadre très bucolique, dans un estaminet. Et les clients s'attendaient à manger une planche de charcuterie, avec de la salade. Et puis je leur servais ma cuisine. Maintenant je dois aller un peu plus loin pour les surprendre mais c'est tout. Je veux seulement voir le client repartir avec le sourire.

Rejoindrez-vous le casting d'anciens candidats pour la prochaine saison de «Top Chef»?

Non. Mon métier ce n'est pas la télé. Je l'ai fait pour faire parler de mon auberge et de mon coin mais ça n'a jamais été dans un souci d'attirer les projecteurs. Maintenant il faut que je me serve des médias à juste dose. Je préfère me servir de la télé plutôt qu'elle se serve de moi. J'ai refusé des propositions d'émission télé culinaires: des chroniques, ce genre de chose. Rien ne me faisait rêver. Mon bonheur est chez moi dans mes cuisines.

Avez-vous gardé contact avec d'anciens candidats?

Avec Jean-Philippe bien sûr, que je vois trois fois par mois. J'ai aussi régulièrement des nouvelles de Joris, qui est chef à Amsterdam, il vient d'obtenir une étoile. Il y a aussi Yoni, Fabien. J'avais de très bonnes relations avec Quentin. Mais on se voit un peu moins, car il est dans le sud, et en couple avec Noémie (ndlr: également candidate à «Top Chef»), qui a des choses à me reprocher apparemment. Mais je n'ai déjà pas assez de temps pour consacrer du temps aux gens que j'aime en ce moment, alors je ne vais pas me prendre la tête avec des personnes avec qui j'ai moins d'affinités.

Sur le coup, Joris a eu du mal à accepter son élimination...

Oui et c'était fondé. Les téléspectateurs n'ont pas été dupes longtemps cette saison. Cette édition devait mettre à l'honneur la nourriture simple qu'on peut cuisiner en temps de crise, et c'est une candidate qui travaille dans les palaces qui gagne.

Vous pensez que Naoëlle a été favorisée?

La cuisine est une grande famille. On connaît tous les affinités du chef Piège et du chef Constant avec le chef Fréchon qui est le chef de Naöelle. Je ne dis pas pour autant qu'elle n'a pas mérité la victoire car c'est une très bonne cuisinière! Mais est-ce que parfois j'ai senti que certains chefs l'avaient protégée? Oui. Est-ce que je suis en colère ou fâché? Non.

Les téléspectateurs se sont mobilisés en organisant une cagnotte. Qu'avez-vous fait des 14'655 euros (18'000 fr.) récoltés?

Ca m'a beaucoup touché. J'ai voulu tout donner à des associations mais j'ai reçu 150 lettres de ceux qui avait participé à la cagnotte pour me dire que ce n'était pas pour ça qu'ils s'étaient mobilisés. Du coup, une partie est quand même partie à des œuvres caritatives et l'autre dans mon nouveau restaurant.

Pourquoi avoir accepté de venir en Suisse ce week-end?

Ca fait des années que je n'ai pas vu la montagne et ça me manque énormément! Et c'est aussi un juste retour parce que j'ai eu beaucoup de clients suisses dans mon restaurant. Donc je trouvais ça sympa de venir les voir chez eux.

Jean-Philippe accompagnera Florent samedi au repas de soutien du HC Red Ice.

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