Catastrophes au Japon: Nappe d'eau radioactive sous la centrale
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Catastrophes au JaponNappe d'eau radioactive sous la centrale

De l'iode radioactif 131 a été découvert dans une nappe d'eau située à 15 mètres sous la centrale nucléaire accidentée de Fukushima.

Un échantillon d'eau prélevé mercredi à 11H10 (02H10 GMT) sous le réacteur 1 de la centrale a révélé un taux de 430 becquerels par cm3, a précisé à l'AFP un porte-parole de la société.

Il a ajouté que ce niveau était «10.000 fois supérieur» à la norme légale.

«Il n'y a aucun doute qu'il s'agit d'un chiffre élevé», a-t-il souligné, en n'écartant pas toutefois la possibilité que ce taux soit révisé dans la journée de vendredi.

Pressions pour élargir la zone d'évacuation autour de Fukushima

Le Japon fait face à des pressions croissantes pour élargir la zone d'évacuation autour de la centrale endommagée de Fukushima. Tokyo refuse cette option pour l'instant. Des relevés laissent pourtant supposer que des substances radioactives s'écoulent dans la mer.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ainsi que l'agence japonaise de sûreté nucléaire ont conseillé au chef du gouvernement japonais, Naoto Kan, d'étendre le périmètre de sûreté de 20 km entourant le complexe nucléaire, soit une zone de 40 km.

Les deux organisations font valoir que des niveaux de radiations supérieurs aux critères établis pour décider une évacuation ont été enregistrés à une distance de 40 km, en particulier dans le village d'Iitate.

De l'eau irradiée a en outre été découverte dans le sol aux abords du réacteur 1 de Fukushima, a annoncé jeudi l'exploitant de la centrale, cité par l'agence Kyodo. La radioactivité dans l'eau se trouvant dans une tranchée souterraine près du réacteur 2 est plus de dix mille fois supérieure aux niveaux normaux, a ajouté Tokyo Electric Power (Tepco).

Tokyo exclut

Selon Tepco, des niveaux anormaux de césium ont par ailleurs été relevés dans du boeuf en provenance de la région. Pour l'instant, 70'000 personnes qui vivaient dans cette zone ont été évacuées tandis que 136'000 autres résidant dans une bande de terre comprise entre 20 et 30 km ont reçu la consigne, soit de partir, soit de se calfeutrer dans leur domicile.

Le secrétaire général du gouvernement japonais, Yukio Edano, a indiqué que les autorités examinaient sur une base quotidienne la question d'un éventuel élargissement de la zone d'évacuation, mais que pour l'instant elles ne voyaient pas la nécessité d'une telle mesure.

Une équipe de 140 spécialistes américains, des militaires en radiations nucléaires, va être prochainement dépêchée au Japon pour tenter d'éviter une catastrophe nucléaire majeure. Le groupe d'énergie nucléaire français Areva prévoit, lui, d'augmenter son soutien technique à Tepco, pour stopper la pollution radioactive émanant de la centrale, a déclaré le président d'Areva Japan.

Dans la mer en continu

De récents relevés effectués par l'agence japonaise de sûreté nucléaire laissent penser que des substances radioactives s'écoulent de manière continue dans la mer. «C'est une possibilité», a reconnu le directeur général adjoint de cette agence, Hidehiko Nishiyama. Il a ajouté qu'il ignorait où pouvaient se produire les fuites radioactives.

L'agence a aussi indiqué jeudi que la radioactivité dans l'eau de mer au large de la centrale avait augmenté et était désormais 4385 fois supérieure à la limite admise. Il s'agit du taux le plus élevé d'iode radioactif relevé en mer depuis le tsunami du 11 mars, qui a gravement endommagé la centrale.

Sarkozy au Japon

Après une visite mercredi et jeudi en Chine, le président français Nicolas Sarkozy s'est rendu pour quelques heures jeudi à Tokyo. Il a appelé de ses voeux l'adoption avant fin 2011 de nouvelles normes internationales en matière de sûreté des centrales nucléaires.

Venu témoigner de la solidarité des pays du G20 envers le Japon après le séisme et le tsunami du 11 mars, le président français a estimé que l'accident de la centrale de Fukushima ne devait pas conduire à remettre en cause ce type d'énergie mais à renforcer sa sécurité.

Devant la communauté française établie au Japon, puis devant le premier ministre nippon Naoto Kan, Nicolas Sarkozy a d'abord rendu hommage au «courage exceptionnel» des Japonais face à la catastrophe et, pour faire face à l'urgence, promis toute l'aide de la France.

«Je le dis, et je le dis au Japon, le problème est plus un problème d'élévation des normes de sûreté que le problème du choix d'une énergie nucléaire pour laquelle il n'y a pas d'alternative à l'heure actuelle», a affirmé M. Sarkozy.

A l'étranger, des traces «infimes» d'iode radioactif ont été décelées dans un échantillon de lait dans l'Etat de Washington, aux Etats-Unis. Le président américain Barack Obama a aussi fait part à l'empereur du Japon de «la profonde sympathie» des Américains. (ats)

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