Actualisé 09.05.2007 à 20:01

Natation: Manaudou va devoir trouver sa voie sans Lucas

PARIS - En quittant Philippe Lucas qui lui a fait atteindre les sommets de la hiérarchie olympique et mondiale en natation, Laure Manaudou va devoir trouver seule sa voie pour continuer à gagner.

Et aussi faire mentir son mentor qui n'a jamais hésité à éreinter sa championne.

«Manaudou, elle s'est fait virer d'entraînement trente fois avec moi. Vous croyez quoi? Que c'est une étoile? C'est une des plus grosses branleuses que j'ai entraînées de ma vie», déclarait encore récemment Philippe Lucas, dans une interview publiée en mars dernier par le magazine «Sport à vif» du Centre de formation des journalistes (CFJ)..

A 15 mois des Jeux de Pékin où elle devrait défendre son titre olympique du 400m nage libre conquis en 2004 à Athènes, Lucas laissait entendre que rééditer l'exploit serait difficile. «Manaudou, elle est en fin de parcours. Elle va arrêter dans pas longtemps, je pense. Elle est morte, elle a mal à l'épaule, elle est fatiguée... Tu sais, ça use quand tu fais sept ans à ce niveau. Le corps, il n'est pas fait pour taper dedans. A un moment, il y a une fin pour tout», disait-il.

Mercredi, Manaudou a déclaré qu'elle comptait poursuivre sa carrière au moins jusqu'aux Jeux de Pékin. Elle a expliqué que le courant «passait moins bien qu'avant» avec son mentor et qu'elle ne comptait pas revenir dans son giron.

«Pourquoi je reviendrais?», s'est-elle interrogée. «Si je trouve un entraîneur qui me fait nager plus vite, je ne reviendrai pas».

Provocateur, exigeant à l'extrême sous ses allures «baba cool», l'ex-nageur de 43 ans reconverti dans le management des corps et des âmes a toujours su trouver la clé pour faire triompher ses poulains. A la force du poignet.

«Moi, j'entraîne pour gagner, pour remporter des titres. Bien sûr, je pousse à mort. Mais j'ai l'oeil, je sais quand quelqu'un peut et quand quelqu'un ne peut pas. Quand le mec peut aller au bout et qu'il n'y va pas, il se fait massacrer. Dans le sport il n'y a qu'une chose qui compte, c'est gagner», dit-il. «Souvent, les athlètes sont des tricheurs. S'ils peuvent en faire moins, moins tirer sur la tête, ils le feront».

Manaudou a déclaré qu'elle n'aurait pas pu supporter plus longtemps les charges de travail imposées par Lucas.

«Je lui avait dit que si l'année prochaine on nageait autant que cette année, j'aurais craqué», a-t-elle dit. «Maintenant, il y a des entraîneurs avec qui ça se passera bien. Il n'y a pas que Philippe. Je veux prouver que même avec un autre entraîneur je peux nager vite et même m'améliorer. Je veux prouver que ce n'est pas qu'avec Philippe que je serai, j'espère, championne olympique à Pékin».

Philippe Lucas, qui entretient une relation privilégiée avec les athlètes féminines, va continuer à entraîner la championne d'Europe du 200m dos, Esther Baron, et deux nageuses Espoirs, Margaux Fabre et Coralie Dobral.

«Je préfère entraîner les filles. Parce que quand ça a décidé quelque chose, ça le fait. C'est plus mûr, beaucoup plus travailleuse. Par contre, quand ça a décidé le contraire, c'est une tête de c... Elles sont extrémistes, dans un sens comme dans l'autre. Elles savent ce qu'elles veulent. Neuf fois sur dix dans un couple, c'est la femme qui se barre. Le mec, il a pas les couilles», dit-il. (ap)

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