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FootballNati: entre excuses et ouverture

Les dirigeants de l'ASF ont effectué une opération de communication mardi à Feusisberg. Les internationaux demandent à ce que l'affaire des «aigles bicéphales» soit oubliée.

par
Tim Guillemin
Feusisberg
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Xherdan Shaqiri à l'entraînement.

Xherdan Shaqiri à l'entraînement.

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Vladimir Petkovic, Liechtensteiner et Granit Xhaka.

Vladimir Petkovic, Liechtensteiner et Granit Xhaka.

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Les Suisses du fond de la classe.

Les Suisses du fond de la classe.

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Ce devait être une simple conférence de presse avec Vladimir Petkovic, ce mardi après-midi dans le splendide cadre de l'hôtel de l'équipe de Suisse à Feusisberg, dans le canton de Schwyz. Mais après quelques secondes d'introduction, Claudio Sulser, délégué aux équipes nationales, a demandé à ce que la porte du fond s'ouvre. Tous les internationaux suisses sont entrés dans la salle, au plus grand étonnement des journalistes et caméra(wo)men présents.

Les «cinq capitaines» (Stephan Lichtsteiner, Granit Xhaka, Yann Sommer, Xherdan Shaqiri et Johan Djourou) sont venus s'asseoir autour de Vladimir Petkovic, tandis que les autres, et le staff au complet, ont pris place «en périphérie», derrière les journalistes.

Le but de l'opération? Solder le passé récent, aller de l'avant et enfin parler de football, en somme, mais pour y arriver, il fallait que les choses soient dites. L'idée de Vladimir Petkovic et du groupe était également de montrer un visage d'unité. Bref, une opération communication pour une fois bien orchestrée.

Devant les médias, Xherdan Shaqiri, Stephan Lichtsteiner et Granit Xhaka se sont notamment excusés pour le geste de l'aigle bicéphale fait contre la Serbie. «Je serais bête de le refaire, même si ça m'a surpris que ces gestes soient jugés plus importants que les deux buts marqués contre la Serbie. Nous nous sommes fait provoquer avant le match, dans les journaux, pendant le match dans les tribunes. Ces gestes étaient une réaction», a déclaré Granit Xhaka, qui a souligné sa fierté de jouer pour la Suisse. «Je ne possède qu'un passeport, le suisse», a-t-il ajouté en réaction aux déclarations de l'ancien secrétaire général Alex Miescher concernant les binationaux.

Xherdan Shaqiri a lui regretté que le geste de l'aigle bicéphale ait heurté «certaines personnes dans les montagnes ou je ne sais pas où». Et Stephan Lichtsteiner s'est «excusé. On ne voulait heurter personne.» Les internationaux espèrent ainsi tourner la page et se concentrer sur le football.

En ce qui concerne la polémique sur les binationaux, Manuel Akanji a souligné s'être senti «blessé» par les déclarations d'Alex Miescher. «Je me suis demandé ce que nous devions faire de plus pour être acceptés. Nous avons tout donné pour cette équipe, pour les supporters», a grincé le défenseur central aux origines zurichoises et nigériannes.

Enfin, Johan Djourou est revenu sur les propos récents de Stéphane Henchoz et de Kubilaï Turkyilmaz, qui se sont montrés récemment critiques dans un média alémanique. «Il est important de prendre un peu de distance par rapport à ce que les anciens joueurs peuvent dire. On est sur un nouveau cycle depuis quatre ans, on progresse énormément. Il ne faut pas être entraîné dans ce jeu-là, on prend du recul. A l'intérieur du groupe, on est forts. Mais c'est vrai qu'on est toujours surpris et un peu blessés quand on lit ça, mais de nouveau, il faut le mettre de côté et avancer.»

Avancer, c'est justement ce que veulent faire les internationaux dans les prochains jours. 13'500 billets ont déjà été vendus pour le choc face à l'Islande, samedi à Saint-Gall. «Il est faux de dire que cette équipe de Suisse n'est plus aimée. J'ai été surpris de lire ça, ce n'est pas la réalité. Il existe une vraie ferveur autour de notre équipe», a estimé Stephan Lichtsteiner. Le point final à une opération de communication bien rodée.

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