Actualisé 29.03.2017 à 17:02

Méditerranée

Naufrage d'un canot: 146 migrants disparus

L'unique survivant a raconté être parti en bateau des côtes libyennes, avant que son embarcation ne fasse naufrage.

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Le pic de la crise des réfugiés en Europe est «est derrière nous», estime l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). (29 juin 2017)

Le pic de la crise des réfugiés en Europe est «est derrière nous», estime l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). (29 juin 2017)

Keystone
L'Italie ne sait plus comment faire face à l'afflux de migrants venant des côtes africaines et appelle l'aide de l'UE. Les autorités italiennes ont même évoqué la possibilité de fermer leurs ports aux navires de sauvetage pour faire pression sur les partenaires européens de Rome, (28 juin 2017)

L'Italie ne sait plus comment faire face à l'afflux de migrants venant des côtes africaines et appelle l'aide de l'UE. Les autorités italiennes ont même évoqué la possibilité de fermer leurs ports aux navires de sauvetage pour faire pression sur les partenaires européens de Rome, (28 juin 2017)

AFP/archive/photo d'illustration
Plus de 3300 migrants ont été secourus dimanche en Méditerranée au cours de 31 opérations distinctes. (Lundi 26 juin 2017)

Plus de 3300 migrants ont été secourus dimanche en Méditerranée au cours de 31 opérations distinctes. (Lundi 26 juin 2017)

AFP

Un jeune Gambien secouru mardi en mer a raconté être parti de Libye à bord d'un canot qui a pris l'eau et dont les quelques 146 autres passagers sont portés disparus, a rapporté mercredi le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Parti dimanche ou lundi de Sabrata (nord-ouest), cet adolescent de 16 ans a été secouru par un navire militaire espagnol de l'opération européenne anti-passeurs Sophia et transféré dans la nuit à Lampedusa, l'île italienne la plus proche des côtes africaines.

Selon son récit à un membre du HCR venu le rencontrer à l'hôpital où il a été pris en charge, il y avait cinq enfants et plusieurs femmes enceintes à bord du canot, dont les passagers venaient essentiellement du Nigeria, de Gambie ou encore du Mali.

Le canot prend l'eau

Quelques heures après le départ, le canot a commencé à prendre l'eau. Les migrants ont peu à peu coulé, selon le jeune Gambien qui a expliqué avoir survécu en s'agrippant à un bidon d'essence.

Selon les premiers éléments recueillis par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), il a été repéré presque par hasard par le navire espagnol, puis transféré sur une vedette des gardes-côtes italiens qui l'ont conduit à Lampedusa.

Depuis le début de l'année, au moins 590 migrants sont morts ou disparus au large de la Libye, selon un bilan de l'OIM établi avant ce naufrage, tandis que les autorités italiennes ont enregistré plus de 23'000 arrivées sur leurs côtes.

1.100 migrants secourus

La semaine dernière, l'ONG espagnole Pro-Activa Open Arms avait découvert deux canots vides et en partie coulés, laissant redouter des dizaines de disparus puisque les passeurs entassent en général entre 120 et 140, parfois beaucoup plus, sur ces embarcations de fortune.

Le bilan de l'OIM ne prend cependant pas en compte ces disparus, estimant qu'au moins l'un des canots pourrait avoir été celui d'un naufrage la veille dans les eaux libyennes, dans lequel il y avait eu 54 survivants et 66 disparus.

Le danger ne freine cependant pas les départs: les gardes-côtes italiens ont annoncé avoir coordonné le secours de plus de 1.100 migrants entre mardi et mercredi matin au large de la Libye. Ces derniers font actuellement route vers la Sicile, où ils porteront le total des arrivées cette année en Italie à plus de 24.000, soit une forte augmentation par rapport aux années précédentes.

Crainte d'une fermeture

Selon les ONG, cette accélération des départs serait due à la dégradation des conditions de vie des migrants en Libye et à la crainte, attisée par les passeurs, d'une prochaine fermeture de cette route maritime vers l'Europe.

Rome cherche en effet à renforcer sa coopération avec Tripoli pour tenter de s'assurer que les migrants soient intercepté avant d'atteindre les eaux internationales pour être conduits dans des camps puis raccompagnés dans leur pays d'origine.

Cette stratégie suscite l'inquiétude des organisations de défense des droits de l'Homme, qui dénoncent les conditions effroyables en Libye pour les migrants d'Afrique sub-saharienne et rappellent que 40% de ceux qui arrivent en Italie et demandent à y rester pour des raisons humanitaires obtiennent actuellement gain de cause. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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