Russie: Navire de Greenpeace: tout l'équipage arrêté
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RussieNavire de Greenpeace: tout l'équipage arrêté

L'enquête pour «piraterie», diligentée par la Russie contre Greenpeace, a connu dimanche un nouveau rebondissement avec l'interpellation du reste de l'équipage de l'«Arctic Sunrise».

Un tribunal russe a ordonné dimanche le placement en détention pour deux mois de huit autres membres de l'équipage du brise-glace de Greenpeace, l'Arctic Sunrise, visé par une enquête pour «piraterie» après une opération contre une plateforme de Gazprom en Arctique.

L'ensemble de l'équipage, composé de 30 membres dont 26 étrangers et quatre Russes est ainsi placé en détention préventive jusqu'au 24 novembre à Mourmansk et dans sa région, le temps de conclure l'enquête.

Un tribunal de Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie, avait déjà ordonné jeudi la détention pour deux mois de 22 militants de Greenpeace dans le cadre d'une enquête pour piraterie.

A bord du brise-glace «Arctic Sunrise», ils avaient tenté d'aborder la plate-forme du géant russe Gazprom dans l'Arctique le 18 septembre. Ils entendaient dénoncer les projets d'exploitation pétrolière.

Les autres membres avaient été placés en détention préventive pour 72 heures et leurs audiences repoussées à dimanche, car la juridiction ne disposait pas d'informations suffisantes ou n'avait pas trouvé d'interprètes. L'équipage comprend des ressortissants de 18 pays, dont un Suisse de 28 ans.

Cage de métal

Mais dimanche, le tribunal de Mourmansk a décidé de maintenir également en détention jusqu'au 24 novembre six d'entre eux, dont le porte-parole de Greenpeace, Dmitri Litvinov, un Suédo-Américain d'origine russe. Deux autres personnes doivent encore comparaître dimanche devant ce même tribunal, qui va statuer sur leur maintien éventuel en détention, le temps de conclure l'enquête.

Les images, diffusées sur Internet, ont montré M. Litvinov, arrière-petit-fils d'un ministre des Affaires étrangères de Staline, installé dans une cage en métal dans la salle d'audience, portant une casquette. Des diplomates de plusieurs pays assistaient par ailleurs aux auditions.

Commando héliporté

L'«Arctic Sunrise» a été arraisonné le 19 septembre par un commando héliporté des garde-côtes russes, puis remorqué jusqu'à Mourmansk. Les militants, qui ont nié avoir commis des actes de piraterie, accusent la Russie d'avoir abordé illégalement leur bateau dans les eaux internationales.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que les militants de Greenpeace «n'étaient bien sûr pas des pirates» mais qu'ils avaient «enfreint le droit international». Le comité d'enquête russe a indiqué que les accusations pourraient être revues pendant l'enquête.

Manifestation à Berne

En signe de solidarité avec les membres de l'équipage détenus à Mourmansk, plusieurs centaines de personnes ont protesté dimanche de manière pacifique devant l«ambassade de Russie à Berne, a annoncé Greenpeace dans un communiqué.

«Comme si cela ne suffisait pas que l'Arctique soit mis en danger par les projets de forages pétroliers irresponsables de l«entreprise étatique Gazprom, c'est notre liberté d'expression et d'opinion à tous qui est en péril si l'approche brutale des autorités russes fait école», a déclaré le directeur de Greenpeace Suisse, Markus Allemann, lors d'un discours.

Plus de 600'000 personnes, dont 15'000 en Suisse, ont signé sur Internet un appel de Greenpeace aux autorités russes afin de faire libérer sans plus attendre les militants du brise-glace. (ats/afp)

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