Golfe persique: Navire marchand détourné par la marine iranienne
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Golfe persiqueNavire marchand détourné par la marine iranienne

Le bâtiment est répertorié aux îles Marshall, qui bénéficient de la protection des Etats-Unis. Un différend commercial serait à l'origine de cet arraisonnement. Le Pentagone est sur les dents.

Un cargo battant pavillon des îles Marshall a été détourné mardi au niveau du détroit d'Ormuz par la Marine iranienne vers un port iranien. Au moins cinq navires iraniens des Gardiens de la Révolution ont demandé au Maersk Tigris de se diriger vers l'île iranienne de Larak, selon le Pentagone, qui a indiqué suivre la situation de près.

Le capitaine du Tigris a d'abord refusé mais a ensuite obtempéré après que l'un des bateaux iraniens a «tiré des coups de semonce» devant la proue du navire, a indiqué le porte-parole du Pentagone, le colonel Steven Warren. L'interception aurait eu lieu vers 9h GMT et des membres des Gardiens de la Révolution sont montés à bord du porte-conteneurs.

Le navire est un porte-conteneurs, qui venait de Jeddah, en Arabie saoudite, et se dirigeait vers Jebel Ali, à Dubaï, selon le site Marinetraffic.com qui suit le trafic maritime mondial.

L'agence de presse iranienne Fars a affirmé qu'un différend commercial était à l'origine de cet arraisonnement. Selon l'agence, le navire «avait un contentieux avec l'administration des ports iraniens qui a obtenu d'une cour de justice la confiscation» du bateau.

«Action de provocation»

Le navire a émis un message de détresse qui a été capté par le commandement de l'armée américaine au Moyen-Orient, a poursuivi le colonel Warren. Le commandement a demandé à un navire de combat américain de se rendre «le plus rapidement possible au plus près de l'endroit où se trouve le Maersk Tigris», tandis que des avions de l'US Air Force lui permettent de suivre la situation, a-t-il indiqué.

Mais il est «improbable» que le bateau américain entre dans les eaux territoriales iraniennes, a ajouté le colonel Warren. «Il semble que ce soit une action de provocation mais nous n'avons pas encore tous les faits.»

Lors de son interception, le bateau se trouvait sur une route maritime utilisée par les navires commerciaux, qui se trouve dans les eaux territoriales iraniennes, ont indiqué des responsables américains. Selon la loi maritime en vigueur dans le détroit d'Ormuz, les navires commerciaux ont le droit de traverser les eaux iraniennes, en application du principe du «droit de passage inoffensif».

Iles Marshall sous protection américaine

Les Etats-Unis défendent et aident financièrement les îles Marshall, mais les responsable américains n'ont pas pu préciser si ses liens avec l'archipel imposaient à Washington d'agir. «Nous avons certaines obligations, nous sommes en train de travailler la question», a déclaré le colonel Warren.

Le bateau a un équipage d'environ une trentaine de personnes, et exploité par la société Rickmers Management, sous les couleurs du géant danois du transport maritime Maersk. Le bateau «n'appartient pas à Maersk et son équipage n'est pas employé par Maersk», a précisé un porte-parole du groupe danois.

Aucun Américain ne se trouvait à bord du navire, selon les sources américaines.

Tensions en haute mer

Les Etats-Unis se sont livrés à un face-à-face maritime virtuel avec l'Iran, la semaine dernière au large du Yémen, déployant leur porte-avions Theodore Roosevelt au moment où neuf navires iraniens se dirigeait vers le Yémen.

Le convoi iranien, soupçonné par Washington de transporter des armes pour les rebelles Houthis, en violation d'un embargo de l'ONU, est finalement reparti vers l'Iran, et le Theodore Roosevelt a rebroussé chemin.

Les Etats-Unis apportent un soutien logistique et de renseignement aux frappes aériennes au Yémen menées par l'Arabie saoudite et ses alliés.

ddl-lby/vog (afp)

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