Etats-Unis: Navires US: le spectre d'une cyberattaque
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Etats-UnisNavires US: le spectre d'une cyberattaque

L'US Navy se demande si ses navires, victimes de plusieurs incidents ces derniers temps, ne seraient pas victimes d'une cyberattaque.

Le destroyer USS John S. McCain est entré en collision avec un pétrolier lundi 21 août 2017 alors qu'il faisait route vers Singapour pour une halte de routine.

Le destroyer USS John S. McCain est entré en collision avec un pétrolier lundi 21 août 2017 alors qu'il faisait route vers Singapour pour une halte de routine.

AFP

La série d'incidents touchant les navires de guerre américains ces derniers temps en Asie, dont une collision meurtrière cette semaine au large de Singapour, oblige l'US Navy à se demander si elle pourrait être victime de cyberattaques.

Certains spécialistes jugent improbable que des personnes ou entités malintentionnées puissent orchestrer un tel accident, compte tenu des systèmes de sécurité américains et de la logistique qu'il faudrait déployer pour faire converger deux navires. Mais pour d'autres, il n'est pas satisfaisant d'imputer la série noire à l'erreur humaine ou à la coïncidence.

Le destroyer USS John S. McCain est entré en collision avec un pétrolier lundi alors qu'il faisait route vers Singapour pour une halte de routine. Dix marins ont été portés disparus et cinq ont été blessés avant que l'US Navy n'annonce mardi que les dépouilles de certains avaient été retrouvées par les plongeurs.

Toutes les possibilités envisagées

Le chef des opérations de la marine américaine, l'amiral John Ridcharson, n'a pas exclu lundi qu'un facteur extérieur ou une cyberattaque puissent expliquer l'accident, tout en soulignant qu'il ne voulait pas préjuger des résultats de l'enquête. «Nous envisageons toutes les possibilités», a-t-il déclaré. «Comme nous l'avons fait avec le Fitzgerald».

Deux mois auparavant, le 17 juin, sept marins avaient péri dans un accident entre le destroyer USS Fitzgerald et un porte-conteneurs au large du Japon.

Deux autres incidents sont survenus cette année dans l'océan Pacifique. En janvier, l'USS Antietam s'est échoué près de sa base japonaise et en mai l'USS Lake Champlain est entré en collision avec un navire de pêche sud-coréen. Il n'y a pas eu de victimes.

L'amiral Scott Swift, commandant de la flotte Pacifique, s'est refusé à exclure un acte de sabotage, soulignant que toutes les hypothèses étaient à l'étude. «Nous n'écartons aucune piste», a-t-il dit, interrogé sur la possibilité d'une cyberattaque.

Systèmes GPS sabotés

Les analystes sont partagés à ce sujet. Certains estiment que les équipages pourraient tout simplement être surmenés à cause de la myriade de tâches qu'ils mènent dans la région. D'autres jugent que quelque chose de plus sinistre pourrait être à l'oeuvre.

Itar Glick, chef de l'entreprise de cybersécurité Votiro, établie en Israël, estime possible que les systèmes GPS des bâtiments américains aient été sabotés en vue de provoquer des erreurs de calcul dans les positions. «Je crois que des pirates pourraient tenter de le faire. Et s'ils sont soutenus par un Etat, ils pourraient disposer des ressources nécessaires pour organiser ce type d'attaque», dit-il à l'AFP.

Itar Glick, qui dit avoir travaillé pour les renseignements israéliens, juge que la Chine et la Corée du Nord seraient alors les coupables les plus vraisemblables.

Les tensions entre Pyongyang et Washington sont à des sommets. La Corée du Nord a été soupçonnée dans une série de cyberattaques, dont le piratage de Sony Pictures en 2014 et le vol de millions de dollars à la banque centrale du Bangladesh.

Brouillage

Les Etats-Unis ont maintes fois accusé Pékin de cyberattaques contre des entreprises américaines à des fins d'espionnage industriel. La Chine se dit elle-même victime de telles opérations.

Itar Glick évoque un incident apparent de brouillage GPS à grande échelle survenu en juin en mer Noire qui a perturbé les systèmes d'une vingtaine de navires.

Jeffery Stutzman, directeur de renseignement de la société américaine de cybersécurité Wapack Labs, explique à l'AFP qu'il pense «entièrement possible» qu'une cyberattaque ait provoqué la dernière collision. «Je serais très étonné s'il s'agissait d'un cas d'erreur humaine, pour la quatrième fois consécutive».

Toutefois, d'autres doutent d'un tel scénario. D'après Zachary Fryer-Biggs, du consultant Jane's by IHS Markit, même en cas d'anomalie sur le système GPS d'un navire, d'autres mécanismes de sécurité sont là pour prendre le relais. «La collision ne peut survenir qu'en cas d'échec de plusieurs autres mécanismes».

Daniel Paul Goetz, de la société américaine Lantium estime lui qu'il serait compliqué de provoquer un accident, car cela supposerait de connaître la localisation et la vitesse exactes des deux vaisseaux en cause. Paul Goetz met aussi en exergue la sophistication des équipements américains et juge que «les risques de voir quelqu'un s'emparer du contrôle d'un bâtiment de guerre sont proches de zéro». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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