Actualisé 15.03.2009 à 15:14

PakistanNawaz Sharif défie son assignation à résidence

Le principal dirigeant de l'opposition pakistanaise, Nawaz Sharif, a quitté dimanche en voiture sa villa de Lahore, dans l'est du pays. Il défie ainsi l'assignation à résidence qui le frappe depuis le matin.

«Nous ne pouvons accepter cette Le principal leader de l'opposition pakistanaise, Nawaz Sharif, a défié dimanche le gouvernement: assigné à résidence, il est sorti de chez lui pour rejoindre des milliers de ses partisans et les appeler à aller manifester lundi à Islamabad.

Ce nouveau coup d'éclat de l'ancien Premier ministre, à la tête d'une fronde contre le président Asif Ali Zardari, aggrave encore la crise qui ébranle le fragile gouvernement civil du Pakistan, au pouvoir depuis un an.

Nawaz Sharif a en effet bravé une assignation à résidence de trois jours dans sa villa de Lahore pour inviter ses partisans à manifester contre l'«Etat policier».

«Venez me rejoindre. Je quitte ma maison. L'heure est venue de marcher main dans la main. Ils ne peuvent nous arrêter», a-t-il lancé, avant de quitter les lieux à bord d'une limousine, escortée par une garde rapprochée.

Heurts avec la police

Un immense cortège, rassemblant 10.000 personnes selon un responsable des services de renseignement, s'est formé sur son passage, agitant des portraits de Nawaz Sharif et des drapeaux verts de son parti, la Ligue Musulmane du Pakistan (PML-N).

Des scènes d'émeutes avaient éclaté un peu plus tôt à Lahore, quand la police a tenté de disperser les manifestants. Il s'agissait des plus graves affrontements depuis le début de la vague de protestation il y a trois semaines.

Ce mouvement est né d'une bataille des avocats et partis d'opposition pour l'indépendance de la justice, qui espèrent rassembler lundi à Islamabad des dizaines de milliers de manifestants. La capitale a été transformée en camp retranché, ses accès ayant été barrés.

Au moins 1000 arrestations

Le mouvement s'est amplifié depuis que la Cour suprême a rendu le 25 février un verdict excluant de la vie publique Nawaz Sharif ainsi que son frère Shahbaz. Le gouvernement civil, visiblement débordé, a tenté d'étouffer cette opposition en faisant arrêter dans la semaine plus d'un millier de personnes.

Mais ni ces mesures, ni les menaces de poursuites pour «sédition» à l'encontre des frères Sharif, ni des concessions annoncées samedi par la présidence n'ont permis de désamorcer la crise.

Les opposants réclament le retour en fonction de juges destitués en 2007 par le régime militaire, en particulier l'ancien président de la Cour suprême, Muhammad Iftikhar Chaudhry. Le président Zardari a refusé de rappeler Chaudhry craignant que ce dernier n'annule un décret d'amnistie signé par l'ancien président Musharraf en sa faveur.

Inquiétude à Washington

Les alliés occidentaux du Pakistan, à commencer par Washington, ont tenté de faire pression sur le gouvernement pour qu'il trouve une solution négociée. Les Américains préféreraient que les autorités pakistanaises se concentrent sur la lutte contre les islamistes, retranchés près de la frontière afghane.

«Notre principale préoccupation est, évidemment, que la situation ne prenne pas un tour violent et n'entre pas dans une spirale négative», a déclaré un responsable américain. «Nous essayons d'éviter qu'un tel scénario se produise.» (ats)

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