Elections au Pakistan: Nawaz Sharif se déclare vainqueur des législatives

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Elections au PakistanNawaz Sharif se déclare vainqueur des législatives

L'ex-Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a revendiqué la victoire et tendu la main à ses rivaux à l'issue des législatives de samedi au Pakistan.

Les élections ont été marquées par une forte participation malgré des attaques qui ont fait au moins 26 morts.

Principale force de l'opposition depuis cinq ans, la Ligue Musulmane (PML-N) de Nawaz Sharif, magnat de l'acier issu de l'élite traditionnelle et déjà deux fois Premier ministre dans les années 1990, était la favorite de ce scrutin.

Elle a, selon les premières estimations, largement devancé le PTI de l'ancienne star du cricket Imran Khan, révélation de la campagne, et son vieux rival du parti du peuple pakistanais (PPP), qui était au pouvoir depuis 2008.

Chants et danses

M. Sharif est venu lui-même annoncer sa victoire à ce scrutin jugé crucial pour la consolidation de la démocratie dans ce pays de 180 millions d'habitants à l'histoire jalonnée de putschs contre des gouvernements civils. Son annonce a été saluée par des scènes de liesse, avec chants et danses, dans les jardins du très chic quartier général du parti.

Le Mouvement pour la justice (PTI) d'Imran Khan a peu après reconnu la victoire de la PML-N. «Ils ont émergé en tant que premier parti. Je veux les en féliciter», a déclaré un haut responsable du PTI, Assad Omar, à la télévision.

Formation d'une coalition

Plus de 86 millions d'électeurs étaient appelés à choisir leurs 342 députés à l'Assemblée nationale et leurs représentants dans les quatre assemblées provinciales.

Après dépouillement de près du quart des bulletins de vote, les chaînes pakistanaises pronostiquaient une récolte d'une centaine de sièges, sur 272, pour les troupes de Nawaz Sharif, et l'élection d'une trentaine de députés pour le PTI, et autant pour le PPP du clan Bhutto qui menait la coalition sortante.

L'avance de M. Sharif ne devrait pas lui permettre de former un gouvernement majoritaire, ce qui ouvre la voie à des tractations pour former une coalition. D'ailleurs, dès son discours de la «victoire», le «lion du Pendjab» a tendu la main à ses adversaires en les invitant à «s'asseoir autour d'une table avec (lui) pour résoudre les problèmes du pays».

Participation «énorme»

Le scrutin de samedi a été marqué par une participation «énorme», a indiqué la commission électorale, qui a estimé que près de 60% des électeurs inscrits avaient voté, un taux qui serait le plus important depuis les élections de 1977.

Le scrutin a été particulièrement chaotique à Karachi (sud), instable mégalopole de 18 millions d'habitants et capitale économique du pays.

Des partis y ont en effet accusé le Muttahida Qaumi Movement (MQM), première force politique de la ville, d'avoir «terrorisé la population et truqué le suffrage». Trois observateurs nationaux ont aussi affirmé avoir été battu par des membres du MQM, autant d'accusations réfutées par ce dernier.

Résultat, les islamistes de la Jamaat-e-Islami (JI) ont annoncé qu'ils boycottaient le scrutin à Karachi et dans plusieurs autres bastions MQM de la région.

Campagne de terreur

Le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), opposés à ces élections jugées «non islamiques», a lui poursuivi samedi sa campagne d'attentats, sans toutefois parvenir à plomber le moral des électeurs ou faire dérailler le processus.

Le TTP a revendiqué en journée un attentat à Karachi ayant fait au moins douze morts et des dizaines de blessés. Dans la soirée, un attentat suicide, mode opératoire typique des insurgés, a tué deux paramilitaires dans la ville.

D'autres attaques dans le sud-ouest et le nord-ouest, bastion du TTP, ont fait 12 tués et des dizaines de blessés, selon des sources locales, portant ainsi à 26 le nombre de morts dans des attaques. (ats)

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