Conférence sur le racisme: «Ne laissons pas la tribune de l'ONU aux extrémistes»
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Conférence sur le racisme«Ne laissons pas la tribune de l'ONU aux extrémistes»

La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme française Rama Yade a justifié mardi la participation de son pays à la conférence de Genève contre le racisme.

Elle estime qu'il ne faut pas laisser la tribune de l'ONU aux extrémistes.

«Ne laissons pas la tribune de l'ONU aux extrémistes. Il faut être présent pour leur apporter une contradiction immédiate», affirme-t-elle dans un entretien au quotidien «La Croix».

Mme Yade fait également valoir que «le texte qui sert de base à la conférence (...) est équilibré et ne dépasse pas les lignes rouges fixées par la France. Il a notamment été expurgé des déclarations à connotation antisémite».

«N'y figure plus également le concept de diffamation des religions que nous ne souhaitions pas voir intégré dans le corpus international», ajoute-t-elle.

«Réaffirmer nos valeurs»

«Nous pensons que la politique de la chaise vide n'est pas la manière la plus appropriée de défendre les valeurs de la France», estime-t-elle à propos de l'éventuel côté contre-productif du boycott de la conférence, tout en assurant respecter le choix des pays ayant choisi cette option.

«Face aux dérapages éventuels, il est important d'être sur place et de réaffirmer ce en quoi nous croyons. C'est-à-dire la démocratie, l'État de droit, la liberté d'expression, l'égalité hommes-femmes, la lutte contre l'impunité», affirme-t-elle encore.

Lundi soir, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) avait également dénoncé la politique de la chaise vide choisie par plusieurs pays occidentaux. Elle avait exhorté les pays européens à «occuper le terrain» afin «d'assurer que la conférence se mette d'accord sur un message ferme contre le racisme».

Plan d'action

La secrétaire d'Etat française attend que la conférence de Genève «affirme l'engagement des nations à peser concrètement contre le racisme. Cela passe par un plan d'action applicable par la communauté internationale».

«A force de focaliser sur le Proche-Orient ou l'aspect religieux, on en oublie l'objet même de la conférence : la mobilisation auprès de toutes les victimes de discrimination», regrette-t-elle.

(ats)

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