Actualisé 11.05.2019 à 11:44

SuisseNe manger que du bio ne protège pas des polluants

Une analyse de «Bon à savoir» et «K-Tipp» a révélé 21 substances à risque dans le corps d'une septuagénaire qui consomme uniquement des produits biologiques.

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Keystone

En Suisse, les lois et valeurs limites en vigueur ne protègent pas suffisamment bien la population des pesticides. C'est ce qu'écrivent «Bon à savoir» et «K-Tipp» dans leur récente édition respective. Les magazines des consommateurs ont analysé les cheveux de vingt personnes d'âge différent et issues de Suisse alémanique et de Suisse romande. Le but: vérifier si leur corps contient des substances polluantes.

Et les résultats sont alarmants: il s'avère qu'il est quasi impossible de se protéger totalement de certaines substances nocives. Ainsi, la plupart des échantillons présentaient entre 10 et 20 polluants, représentant potentiellement un risque pour la santé. Certains sont considérés comme cancérigènes. D'autres peuvent, en cas de fortes concentrations, avoir un impact négatif sur le système hormonal des personnes.

Cocktail de pesticides

Plus inquiétant encore: même surveiller scrupuleusement son alimentation ne permet visiblement pas de se protéger de ces substances. C'est ce que montre l'exemple d'une Thurgovienne de 77 ans. Au total, 21 substances à risque ont été retrouvées dans ses cheveux alors qu'elle consomme exclusivement des produits biologiques. Pour l'instant, on ignore quand, où et comment son corps a pu les assimiler. On ne sait pas non plus quel impact elles ont sur sa santé.

Franziska Herren, qui a lancé l'initiative «Pour une eau potable propre et une alimentation saine – Pas de subventions pour l'utilisation de pesticides et l'utilisation d'antibiotiques à titre prophylactique», se dit malgré tout choquée: «Je vis à la campagne. C'est vraiment très inquiétant de savoir qu'on est exposé à un tel cocktail de pesticides malgré une alimentation bio.»

Les polluants sont partout

De son côté, David Brugger, de l'Union suisse des paysans, relativise: «C'est vrai que de nos jours il est quasi impossible de ne pas entrer en contact avec certains polluants. Ceux-ci se trouvent dans les vêtements, les emballages, les matériaux de construction ou les produits de beauté.» Il souligne cependant que seule une petite partie des substances mentionnées par l'analyse proviennent de l'agriculture.

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