Suisse: Ne pas passer le permis peut empêcher de bosser
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SuisseNe pas passer le permis peut empêcher de bosser

Ces dernières années, le nombre de jeunes qui apprennent à conduire ne cesse de baisser. Ce qui leur barre l'accès à l'emploi dans certaines branches.

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jbu/dmz

En 1994, près de 71% des 18-24 ans étaient titulaires du permis de conduire. En 2010, ce pourcentage est passé à 59%. L'Office fédéral des routes ne dispose pas de chiffres plus récents, mais Rolf Grüninger, directeur de l'Office cantonal de la circulation routière du canton de Zurich, imagine que «cette proportion a encore baissé ces cinq dernières années».

Dans les agences de placement, cette tendance commence à poser des problèmes: «Nous devons rejeter de plus en plus de candidatures de jeunes gens qui n'ont pas le permis, regrette Gokan Gül, de l'agence Job3000. Du coup, certaines places restent vacantes. Les cas sont criants dans les métiers de la construction, le paysagisme ou le support technique, qui exigent que les employés puissent conduire.»

Surtout en ville

Jan Howald, de l'entreprise de génie civil Oesch AG, confirme que «les candidatures d'ouvriers qualifiés sans permis augmentent.» Et pour certains postes, comme celui de contremaître, impossible de s'en passer. «Pour d'autres places, on peut s'en accommoder. Mais cela pose des problèmes de planification. Car ces personnes doivent toujours être en équipe avec quelqu'un qui peut conduire.» L'entreprise sensibilise donc très vite ses apprentis à cette problématique et les encourage à prendre le volant.

«C'est un problème essentiellement urbain», analyse pour sa part Matthias Engel, porte-parole de l'Association suisse des entrepreneurs. «A Zurich ou à Genève, les jeunes se disent qu'ils peuvent très bien aller travailler en bus. Mais dans certains secteurs, il faut pouvoir se déplacer rapidement d'un site à l'autre. Ce qui pose problème.»

Pour Rolf Grüninger, le développement continu des transports publics explique le phénomène, mais pas seulement: «Passer son permis coûte cher. Surtout depuis l'introduction des cours de perfectionnement obligatoires. Et j'ai l'impression que la voiture, pour beaucoup, n'est plus synonyme d'un certain statut social. Pour les jeunes, il est plus important d'avoir un téléphone dernier cri», plaisante-t-il.

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