Actualisé 30.01.2020 à 22:00

Je ne suis pas un virus

«Ne t'approche pas, la dame peut être malade»

La communauté asiatique française dénonce en masse sur les réseaux sociaux le racisme ordinaire dont elle fait l'objet au quotidien. L'épidémie en Chine ne fait que le renforcer.

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Alors que le coronavirus chinois provoque la paranoïa dans le monde entier, la communauté asiatique française dénonce le comportement ridicule de certaines personnes dans la rue. «Ça fait plusieurs fois que je vois les gens réagir à mon arrivée. Ils me regardent fixement avec un regard inquiet et la plupart du temps ils s'éloignent», témoigne Prescillia, française d'origine polonaise et vietnamienne à «France Info». «Il y a deux jours, une mère a éloigné son enfant assis à côté de moi dans le métro en lui disant dans l'oreille: «La dame peut avoir une grande maladie, alors ne te mets pas près d'elle», décrit la jeune femme qui n'a jamais eu aucun lien avec la Chine.

Mais Prescillia n'est de loin pas la seule à subir ce genre de remarques. Sur les réseaux sociaux, des centaines de témoignages similaires s'accumulent. Sur Twitter, ils sont nombreux à se plaindre du racisme ordinaire envers les Asiatiques qui s'est largement renforcé depuis le début de l'épidémie en Chine.

Vague sur Twitter

Lou Chengwang, Chinois vivant en France depuis quatre mois, et donc bien avant le début de l'expansion du coronavirus, a également partagé son expérience inquiétante: «Dans le bus, quelqu'un s'est éloigné de moi. Mon ami chinois a porté un masque dans la rue. Un groupe de jeunes Françaises a crié. Mais il n'est pas malade, il portait un masque seulement pour se protéger parce qu'il a peur du virus aussi, avec les trois cas en France», explique-t-il. Le jeune homme a posté mardi ce tweet qui a déclenché une vague sur les réseaux sociaux:

Conduite d'évitement

Florian Ferreri, psychiatre à l'hôpital Saint-Antoine de Paris, explique cette peur irrationnelle: «Les comportements d'évitement face à des Asiatiques ne m'étonnent pas. La menace identifiée est le virus, mais aussi son point d'origine. Donc avec les conduites d'évitement liées à la peur, on s'éloigne de ce qu'on assimile à une menace.» La menace est donc instinctivement transposées à toutes les personnes asiatiques.

«Les mesures de précaution et de préoccupation s'appliquent à toute la population. Il faut se protéger du risque de transmission d'un virus au sens large, rappelle le psychiatre. Aucune recommandation ne préconise d'éviter une population particulière, en dehors de celle qui revient de la zone d'origine du virus.»

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