Yémen: «Ne tuez pas les enfants innocents»
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Yémen«Ne tuez pas les enfants innocents»

Le président iranien Hassan Rohani a dénoncé jeudi les frappes aériennes sur le Yémen qui tuent selon lui des «enfants innocents».

«Ne tuez pas les enfants innocents. Un grand peuple comme celui du Yémen ne se rendra pas avec des bombardements», a déclaré jeudi le président iranien M. Rohani à l'adresse des «pays de la région», ajoutant que «tout le monde doit penser à la fin de la guerre, au cessez-le-feu et à l'aide humanitaire» dans ce pays où la rébellion chiite est soutenue par Téhéran.

La coalition, qui comprend neuf pays arabes, dirigée par Ryad et soutenue par les Etat-Unis, a lancé une opération militaire aérienne le 26 mars pour contrer l'avancée des rebelles Houthis, alliés à des militaires restés fidèles à l'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé mercredi que 643 civils avaient été tués et 2.226 blessés depuis le 19 mars, notamment dans un camp de déplacés et dans des usines. Les rebelles accusent la coalition d'être responsable de ces bavures. Celle-ci attribue certaines attaques aux Houthis. L'Unicef fait état de 74 enfants tués depuis le début des frappes.

La situation humanitaire est «catastrophique» à Aden, s'est alarmée mardi le Comité international de la Croix-Rouge alors que la grande ville du sud du Yémen est le théâtre de combats quotidiens entre les rebelles chiites et les partisans du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi soutenus par l'Arabie saoudite.

«La solution, c'est la fraternité»

«Pourquoi massacrez-vous les gens?», a demandé Hassan Rohani raillant les «quatre avions» qui frappent «un pays faible sur le plan militaire».

Il a également demandé à la coalition de faire «machine arrière». «La solution, c'est la fraternité, l'amitié», a affirmé le président iranien, soulignant qu'il fallait «instaurer la paix et la stabilité dans la région».

L'Iran a tenté cette semaine de rallier le Pakistan, la Turquie et Oman, des pays ayant des liens avec l'Arabie saoudite en vue de faciliter le dialogue intra-yéménite pour trouver une solution politique au conflit.

M. Rohani a également accusé de mensonges ceux «à l'autre bout du monde» qui disent s'inquiéter du sort de la région, sans préciser à quel pays il faisait allusion.

Si c'était le cas, «pourquoi encouragez-vous les agresseurs?», a-t-il demandé, alors que l'armée américaine a commencé mardi à ravitailler en vol les avions de la coalition.

(afp)

Washington hausse le ton contre Téhéran

Les Etats-Unis ont affirmé qu'ils ne resteraient pas les bras croisés devant les tentatives iraniennes de déstabilisation du Yémen, où les combats restaient intenses jeudi, notamment dans le sud, entre rebelles chiites et partisans du président. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé sans détour que son pays sait que l'Iran arme les rebelles chiites au Yémen, où ils ont pris la capitale Sanaa et de vastes régions du nord, de l'ouest et du centre avant de déferler vers le sud.

«L'Iran doit savoir que les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés alors que la région est déstabilisée et que des gens lancent une guerre ouverte à travers les frontières internationales des autres pays», a déclaré M. Kerry.

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