Braquage de Thônex (GE): «Ne venez pas pleurer pour quelques billets!»
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Braquage de Thônex (GE)«Ne venez pas pleurer pour quelques billets!»

L'avocat d'un des malfrats, qui plaide le manque de preuves, s'est pris de bec avec celui des policiers genevois, mercredi, lors du procès qui s'est ouvert à Lyon.

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ats/afp/tca
Les malfrats avaient tiré dans une rue remplie de passants. (Photo: dr)

Les malfrats avaient tiré dans une rue remplie de passants. (Photo: dr)

Le procès en appel de trois prévenus dans le spectaculaire braquage du bureau de change Migros de Thônex (GE) s'est ouvert mercredi à Lyon (F).

Le 26 novembre 2010, vers 18h30, les auteurs avaient attaqué les locaux avec une forte charge explosive. Un individu était entré et avait menacé les employés avec un hachoir. Les malfrats avaient ensuite ouvert le feu au fusil d'assaut sur les policiers genevois. Un des braqueurs avait été blessé par trois tirs policiers et arrêté en possession du butin, évalué à 600'000 euros (un peu moins de 700'000 fr.), et condamné à 16 ans de prison. Il n'a pas fait appel et devrait venir témoigner lors de ce procès.

Empreintes génétiques

Ses trois complices présumés ont été confondus par leurs empreintes génétiques trouvées dans les véhicules ayant servi à mener ce braquage. En première instance, ils ont écopé de sanctions allant de 4 à 18 ans de réclusion. Peines qu'ils contestent.

Et mercredi, dès l'appel des témoins, les incidents se sont multipliés devant les Assises du Rhône. Un des avocats de la défense, Me Bernard Ripert, a réclamé l'audition de la juge d'instruction, d'un supposé informateur et de Michel Neyret, ex-No 2 de la police judiciaire de Lyon et récemment condamné pour corruption. «On a poursuivi (mon client), on l'a incarcéré pour des choses qu'il n'a pas faites. Je veux qu'on aille au fond des choses. On verra bien qui sont les vrais coupables, les vrais manipulateurs dans ce dossier», a lancé Me Ripert.

L'avocat d'un autre prévenu lui a emboîté le pas. «Il y a une règle, dans un procès criminel, c'est la rigueur. Nous soutenons que le manque de preuves ne permet pas de les condamner», a dit Me François Saint-Pierre.

«Enfumage», pour l'avocat des policiers

Ces propos ont donné lieu à un vif échange entre la partie civile et la défense. «Le dossier transpire la culpabilité», a lancé Me Robert Assaël, agacé par le prétendu «manque de preuves» dans cette affaire. L'avocat genevois des policiers a déploré un «enfumage».

«Mais il m'insulte!» a réagi Me Bernard Ripert, qui s'est engagé dans une longue digression contre les banques suisses et leurs «coffres, remplis à partir de 1940». Avant d'ironiser: «Ne venez pas pleurer pour quelques billets!»

Le procès doit se tenir jusqu'au 2 novembre. L'affaire a été jugée en France, en vertu d'une convention de coopération avec la Suisse.

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