Actualisé 19.09.2014 à 20:43

Crise ukrainienne

Négociations de paix : un civil tué à Donetsk

Des émissaires de Kiev, de Moscou et des séparatistes de l'est de l'Ukraine ont entamé vendredi à Minsk une nouvelle séance de négociations.

La réunion vise à faire avancer un délicat processus de paix sous l'oeil attentif des Occidentaux, la trêve restant fragile. L'ambassadeur de Russie en Ukraine Mikhaïl Zourabov, la représentante de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la Suissesse Heidi Tagliavini, l'ancien président ukrainien Leonid Koutchma, représentant Kiev, et des dirigeants séparatistes ont commencé des négociations à 18H00 heure suisse dans un grand hôtel de la capitale bélarusse.

Léonid Koutchma a déclaré «espérer que cette réunion permette d'aller de l'avant», soulignant la nécessité de «parvenir à un cessez-le-feu», l'accord en ce sens signé le 5 septembre étant violé à peu près quotidiennement sur le terrain.

«Statut spécial»

«Nous espérons signer un document qui reflète notre position concernant le 'statut spécial» proposé par Kiev aux régions sous contrôle rebelle, a déclaré avant le début de la réunion le «Premier ministre» de la «République de Donetsk» unilatéralement proclamée, Alexandre Zakhartchenko. Un autre chef séparatiste, Andreï Pourguine, avait auparavant indiqué que la réunion porterait en priorité sur ce «statut spécial».

La proposition de Kiev d'un «statut spécial» provisoire aux régions prorusses de l'est, assorti d'élections locales en décembre, a été saluée par Moscou. Mais les rebelles ont jusqu'à présent rejeté toute proposition émanant des autorités ukrainiennes concernant un territoire dont ils réclament l'indépendance. Léonid Koutchma a souligné de son côté que les négociations ne se feraient «en aucun cas au détriment de l'intégrité territoriale.

Accusations mutuelles

Après un conflit de cinq mois qui a fait près de 2900 morts, Kiev et les Occidentaux considèrent les annonces de Moscou avec la plus grande prudence, tant ils accusent la Russie de souffler le chaud et le froid dans ce dossier qui a suscité les pires tensions entre Est et Ouest depuis la Guerre froide. Pour preuve, l'Otan affirme qu'un millier de soldats russes se trouvent notamment toujours sur le sol ukrainien.

Les rebelles prorusses et l'armée ukrainienne s'accusent par ailleurs mutuellement de violations répétées de la trêve, notamment aux abords de l'aéroport de Donetsk, contrôlé par les forces loyalistes.

Tirs d'artillerie

La mairie de Donetsk, ville théâtre d'âpres combats ces derniers mois, a déploré vendredi «une nuit intense» de tirs d'artillerie. Un civil a été tué. Le porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko, a de son côté fait état de la mort de deux soldats ces dernières 24 heures, ajoutant que six autres étaient «portés disparus».

Ces nouvelles victimes portent le bilan, depuis le 5 septembre, à 34 morts, civils et militaires, selon un comptage fait par l'AFP à partir des chiffres des autorités locales et de l'armée.

Rôle de l'OSCE

Le document en douze points signé le 5 septembre contient des dispositions sur le contrôle de la frontière russo-ukrainienne avec l'aide de l'OSCE et la création d'une zone de sécurité dans les territoires frontaliers. Il évoque aussi un volet humanitaire et une aide au rétablissement économique de la région industrielle du Donbass. (ats)

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