Nucléaire: Négociations sous haute tension
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NucléaireNégociations sous haute tension

Les «Six» et l'Iran se retrouvent lundi à Genève pour reprendre des négociations sur le nucléaire au point mort depuis 14 mois, dans un climat des plus tendus.

Après plus d'un an d'interruption, la rencontre à Genève entre les «5 1» (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) et les Iraniens est considérée comme un test sur la volonté de Téhéran de réellement négocier sur son programme nucléaire.

Téhéran fait monter la pression

L'exercice conduit par la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton au nom des Six et le responsable de la délégation iranienne, Saïd Jalili s'annonce délicat à l'issue d'une semaine agitée, marquée par deux attentats visant des scientifiques du nucléaire iraniens, attribué par Téhéran aux Occidentaux, et les fuites de WikiLeaks.

Dimanche, Téhéran a encore fait monter la pression en annonçant qu'il avait produit son premier lot de concentré d'uranium (yellowcake) à partir de minerai extrait d'une de ses mines dans le sud du pays.

La question de l'enrichissement d'uranium est au coeur du conflit opposant depuis plusieurs années l'Iran à la communauté internationale, qui soupçonne Téhéran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil.

Si les Iraniens, qui jugent leur droit à enrichir «non négociable», ont estimé que l'annonce avait «renforcé» leurs positions avant Genève, les grandes puissances se sont montrées très préoccupées.

«Manifestement, les inquiétudes que nous avons (sur le programme nucléaire iranien) sont très valables», a expliqué à l'AFP une source proche des Six. Un point de vue partagé par les Etats-Unis.

Des doutes quant à l'issue de ces rencontres

Cette révélation «remet un peu plus en question les intentions de l'Iran, et soulève de nouvelles préoccupations», a réagi le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche, Mike Hammer.

Selon lui, les négociations de Genève, qui se tiennent à huis clos en principe pour deux jours, auront pour objectif «de souligner la préoccupation de la communauté internationale».

«Nous verrons si l'Iran aborde ces discussions avec le sérieux indispensable pour répondre» à ces préoccupations", a-t-il conclu.

Les experts restaient quant à eux dubitatifs sur l'issue des rencontres, qui pourront au mieux, selon eux, réintégrer l'Iran dans le processus de négociations. (afp)

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