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FranceNemmouche aurait été geôlier d'otages en Syrie

Un ex-otage français en Syrie affirme que le tueur présumé du Musée juif de Bruxelles a été l'un de ses geôliers pendant sa détention, dans un témoignage publié par «Le Point».

L'ex-otage français en Syrie Nicolas Hénin affirme que Mehdi Nemmouche, tueur présumé du Musée juif de Bruxelles, a été l'un de ses geôliers pendant sa détention, dans un témoignage publié samedi par le site de son employeur, le magazine Le Point.

De son côté, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué que les services de police avaient «transmis à la justice des éléments laissant à penser qu'il (Nemmouche) aurait pu être le geôlier de nos otages», confirmant une information du quotidien «Le Monde».

«Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait»

«Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait. Il était membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j'avais moi-même été interrogé. La torture durait toute la nuit, jusqu'à la prière de l'aube. Aux hurlements des prisonniers répondaient parfois des glapissements en français», selon des extraits du témoignage de Nicolas Hénin mis en ligne par «Le Point».

«Le Point» souligne que «cette information devait rester secrète pour ne pas mettre en danger la vingtaine d'otages occidentaux encore détenus en Syrie par l'État islamique», notamment «à la demande de Nicolas Hénin, Pierre Torrès, Didier François et Édouard Élias, les quatre journalistes français libérés en avril dernier», mais qu'il avait décidé de rendre public le témoignage de son journaliste après la publication des informations du «Monde».

Entre juillet et décembre 2013

Marie-Laure Ingouf, avocate de Nicolas Hénin, a indiqué à l'AFP que «Nemmouche était un de ses geôliers». «Tous les otages le confirment. Ils ont vécu avec lui pendant plusieurs mois», a-t-elle dit.

Le tueur présumé du Musée juif de Bruxelles s'est «occupé» du journaliste entre juillet et décembre 2013, selon «Le Point».

M. Cazeneuve, sans préciser la teneur des renseignements transmis à la justice française ni le moment où ils l'avaient été, a indiqué que ces informations avaient été transmises «dès que nous les avons eues».

«C'est à la justice de faire son travail. Ce funeste personnage doit être jugé, il le sera», a dit le ministre en marge d'un déplacement en province.

Les informations sur le rôle présumé de Medhi Nemmouche dans la détention des otages français ont été «aussitôt» transmises à la justice «après que» les ex-otages «l'ont reconnu sur des photos» après son interpellation, a indiqué une source policière.

Placé en détention préventive

Arrêté lors d'un contrôle de routine à Marseille, dans le sud de la France le 30 mai, Mehdi Nemmouche, Français d'origine algérienne, âgé de 29 ans parti faire le jihad en Syrie, est soupçonné de quatre assassinats commis le 24 mai au nom du jihad dans le Musée juif de Bruxelles.

Réclamé par les autorités belges, il a été remis fin juillet à la justice belge, qui l'a inculpé et placé en détention préventive.

Mehdi Nemmouche doit comparaître le 12 septembre devant la chambre du Conseil de Bruxelles, une juridiction d'instruction qui devra décider de prolonger ou non sa détention préventive, a indiqué son avocat belge, Me Henri Laquay.

(afp)

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