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VaudNestlé: bénéfice en hausse, chiffre d'affaires en repli

Le groupe alimentaire vaudois a dégagé un bénéfice net de 14,5 milliards de francs l'an dernier, en hausse de 4,4 milliards, grâce notamment à la cession d'une partie de la participation dans L'Oréal.

Nestlé a fait bondir ses gains en 2014 malgré le tassement de ses ventes. Le bénéfice net du géant alimentaire vaudois s'est envolé de près de 44% sur un an, à 14,5 milliards de francs grâce la cession d'une partie de sa participation dans L'Oréal.

Son chiffre d'affaires a en revanche reculé de 0,6% comparé à 2013, à 91,6 milliards de francs. Les ventes ont été affectées négativement à hauteur de 5,5% par les effets de change, a indiqué jeudi le groupe lors de la présentation de ses résultats annuels.

La croissance organique, une valeur privilégiée par Nestlé, a atteint 4,5%, dont 2,3% de croissance interne réelle et 2,2% de relèvement des prix.

Pour sa part, le bénéfice net a aussi été positivement impacté par la réévaluation des 50% de Galderma déjà détenus, lorsque Nestlé a fait passer ses parts dans la société dermatologique de 50% à 100%. Le bénéfice opérationnel courant s'est maintenu à 14 milliards de francs. La marge correspondante a progressé de 0,1 point pour s'inscrire à 15,3%.

Exercice «solide»

Nestlé a dépassé les attentes des analystes interrogés par AWP, même si les objectifs de croissance organique fixés par le groupe, entre 5 et 6%, n'ont pas été remplis. «Nous avons réalisé des résultats solides, dépassant le marché», a déclaré Paul Bulcke, administrateur délégué, devant la presse réunie à Vevey (VD). A la Bourse suisse, l'action Nestlé s'envolait à la mi-journée de 0,63% à 71,55 francs, dans un SMI gagnant 0,55% au même moment.

La multinationale a connu l'année dernière la croissance sur l'ensemble de ses marchés. Les pays émergents ont enregistré la plus forte progression des ventes, de 8,9%, en dépit d'un ralentissement par rapport à 2013. Par zones géographiques, l'Europe s'est révélée la moins performante, avec des revenus en hausse de 1,5% seulement, à 15,2 milliards de francs.

Les Amériques ont généré la plus forte croissance organique, de 5%, à 27,3 milliards de francs. La zone Asie, Océanie et Afrique a dégagé 18,3 milliards de francs de chiffre d'affaires, soit 2,6%. La Chine a enregistré un ralentissement qui ne devrait pas s'inverser en 2015. Mais les perspectives à long terme sont positives, a noté Wan Ling Martello.

Du côté des divisions, les eaux en bouteille (Nestlé Waters) ont généré une croissance organique de 5,2% à 7,4 milliards de francs. La nutrition a rapporté 9,6 milliards ( 7,7%). Les autres unités, qui comptent notamment Nespresso et ses capsules de café, ont cumulé 13,9 milliards de francs ( 7,1%).

Dans les catégories de produits, Nestlé à le plus vendu des boissons ( 5,4% de croissance organique à 20,3 milliards de francs). Suivent les produits laitiers et les glaces ( 3,4% à 16,7 milliards) ainsi que les plats préparés et les produits pour cuisiner (-0,1% à 13,5 milliards).

La nutrition et les sciences de la santé (avec Galderma, qui englobe aussi le fabricant argovien Spirig) affichent une croissance organique du chiffre d'affaires de 8,7% à 13 milliards de francs. Les produits pour les animaux de compagnie ont réalisé une progression de 5,6% sur un an à 11,3 milliards et la confiserie de 4,2% à 9,8 milliards.

Force du franc

Revenant sur la décision de la Banque nationale suisse (BNS) de supprimer le taux plancher du franc contre l'euro, M. Bulcke a estimé que la force du franc reste un défi constant. Même si 90% de la production de Nestlé dans le monde se fait localement, la Suisse influence les résultats. Le siège du groupe ainsi que le secteur de la recherche et du développement qui y sont installés génèrent des coûts élevés.

Nestlé n'a pas prévu de suppression d'emplois en Suisse en raison du renchérissement du franc, a insisté M. Bulcke. En revanche, la productivité devra être augmentée et des solutions en ce sens sont recherchées. L'attractivité de la Suisse n'est toutefois pas seulement menacée par la force de sa devise, a noté le patron de la multinationale. D'autres facteurs, notamment politiques, entrent en jeu. Il faudra y réfléchir à deux fois avant de lancer des investissements, a-t-il prévenu.

S'agissant des perspectives, pour l'exercice actuel, Nestlé mise sur la continuité, avec une performance similaire à celle de 2014 et une croissance organique de 5%. Ce qui est mesuré dans le contexte actuel, a relevé M. Bulcke. Des acquisitions seront possibles, si elles permettent d'améliorer la croissance du groupe, a-t-il ajouté sans donner de précisions.

Les actionnaires profiteront des performances avec le versement d'un dividende de 2,20 francs par action, en hausse de 5 centimes. Le président du conseil d'administration Peter Brabeck sollicitera un nouveau mandat lors de l'assemblée générale de 16 avril qui devrait aussi valider l'entrée de Patrick Aebischer, actuel directeur de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), dans l'organe de surveillance. (ats)

Patrick Aebischer proposé au conseil d'administration

Le président de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) devrait faire son entrée au sein du conseil d'administration du groupe. Patrick Aebischer est proposé à l'élection lors de l'assemblée générale des actionnaires du 16 avril prochain.

Son mandat courra jusqu'à l'assemblée générale de 2016, a indiqué jeudi le numéro un mondial de l'alimentation. L'arrivée du Fribourgeois de 60 ans viendra sceller une collaboration de longue date entre l'EPFL et Nestlé, collaboration qui se traduit par des investissements en centaines de millions de francs en faveur de la Haute Ecole.

Mercredi, Patrick Aebischer a déjà fait parler de lui en annonçant vouloir quitter la présidence de l'EPFL à fin 2016, après plus de quinze ans à ce poste. Dans sa reconversion, l'homme a déjà pris à la fin de l'an passé la présidence du Novartis Venture Funds, le plus grand fonds de capital-risque dans les sciences de la vie.

Près de 10 millions pour le boss

Paul Bulcke, directeur général du groupe alimentaire vaudois Nestlé, a vu sa rémunération légèrement augmenter en 2014. Le Belge a perçu l'année passée un traitement total incluant salaire et bonus - de 9,32 millions de francs, contre 9,3 millions un an plus tôt.

Le salaire de base de l'administrateur délégué de Nestlé est en revanche resté inchangé à 2,5 millions de francs, lit-on dans le rapport annuel de la multinationale veveysanne publié jeudi. La composante fixe du salaire a représenté un quart du salaire total.

Figurant parmi les patrons les mieux payés de Suisse, M. Bulcke est dépassé par ses collègues des groupes pharmaceutiques bâlois Novartis et Roche. Joseph Jimenez, directeur de Novartis, a perçu 12,6 millions de francs au total l'an dernier alors que Severin Schwan de Roche a obtenu 12 millions de francs.

Quant aux rémunérations totales de la direction générale de Nestlé, elles ont légèrement diminué sur un an. Salaires et boni ont atteint 42,5 millions de francs, soit 600'000 francs de moins que l'année précédente.

Le président du conseil d'administration de la multinationale, Peter Brabeck, a lui reçu une rémunération globale de 6,33 millions de francs contre 7 millions en 2013. L'organe de surveillance dans son entier s'est vu verser au total 11 millions de francs.

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