Actualisé 15.06.2010 à 14:35

Capsules Nespresso

Nestlé poursuit Sara Lee

Nestlé réagit face à la concurrence qui menace ses capsules de café.

La plainte intervient alors que Nespresso est attaqué par plusieurs grandes marques.

La plainte intervient alors que Nespresso est attaqué par plusieurs grandes marques.

Le géant alimentaire vaudois a porté plainte en France contre le groupe américain Sara Lee pour violation de brevet sur ses produits Nespresso. Sara Lee se dit «confiant».

«Nous avons engagé une procédure judiciaire pour violation de brevet», a indiqué Nestlé mardi à l'ATS. «Nous prendrons toujours toutes les mesures appropriées pour défendre nos droits de propriété intellectuelle quand ceux-ci sont violés», a précisé le groupe.

L'entreprise tient à défendre sa recherche, qui lui permet de rester en avance sur la concurrence, a-t-elle encore souligné. Une procédure judiciaire étant en cours, elle ne fera pas d'autres commentaires à ce stade.

Sara Lee, qui possède entre autres la marque «Maison du café», avait annoncé fin mars le lancement de ses propres capsules que le groupe présentait comme compatibles avec les machines à café Nespresso.

Sara Lee confiant

«Nous ne comprenons pas pourquoi Nespresso veut nous poursuivre, nos capsules répondent à toutes leurs obligations légales», a déclaré à l'agence de presse Reuters son porte-parole Ernesto Duran, se disant persuadé que la plainte n'allait pas entraver la vente de ses produits, lancée il y a deux mois. Sara Lee indique avoir vendu plus de 12 millions de capsules en France.

Le groupe américain n'est pas le seul concurrent à s'attaquer au système Nespresso. La petite entreprise suisse Ethical Coffee Company (ECC) commercialise en France depuis mai des dosettes de café compatibles en partenariat avec le groupe français de grande distribution Casino.

Ces dosettes sont fabriquées à Chambéry (F). En Suisse, elles ne devraient pas être disponibles avant la fin de l'année, avait annoncé l'entreprise en mars. Nestlé a précisé n'avoir pas lancé de procédure judiciaire contre ECC.

«Pas concernés»

«Nous ne sommes pas concernés par cette plainte», a déclaré à Reuters Jean-Paul Gaillard, fondateur d'ECC et ancien dirigeant de Nespresso. Il a assuré avoir mis au point un produit «certifié par trois cabinets d'avocats et ne violant pas les brevets de Nestlé».

Le lancement s'est bien déroulé fin mai, a-t-il dit. «Tout se passe très bien, et je suis très à l'aise avec les ventes», a ajouté Jean-Paul Gaillard, qui prévoit d'accroître sa production après avoir bouclé un nouveau financement de 63 millions de francs.

Après l'annonce des initiatives de Sara Lee et d'ECC-Casino, Nespresso avait affirmé vouloir étudier la situation avant de prendre une décision sur une éventuelle action en justice.

Réaction logique

Pour les analystes, la réaction de Nestlé est logique. «L'entreprise cherche à protéger leurs droits, ce qui va devenir plus important à l'avenir que les matières elles-mêmes dans la bataille pour l'alimentation», explique Jon Cox, analyste chez Kepler Capital Markets.

«C'est très clairement un test, Nestlé montrant qu'il ne veut pas laisser les portes ouvertes», renchérit James Amoroso, analyste indépendant.

La marque-phare de Nestlé compte bien dépasser en 2010 le seuil des 3 milliards de francs de ventes. Celles-ci ont progressé de 22% en 2009, à 2,77 milliards. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!