Vevey(VD): Nestlé songe à allonger la durée de travail
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Vevey(VD)Nestlé songe à allonger la durée de travail

Pour faire face aux hausses des coûts d'exportation, la multinationale étudie plusieurs mesures dans la production et pourrait geler les embauches.

par
laf

Nestlé pourrait emboîter le pas aux petites et moyennes entreprises qui ont mis davantage leur personnel à contribution en raison de la cherté du franc suisse. «Plusieurs options sont étudiées chez Nestlé Suisse, y compris l'augmentation des heures de travail, le raccourcissement de la durée des pauses et l'optimisation des ressources», a expliqué à la SonntagsZeitung Luis Cantarell, patron européen du géant de l'agro-alimentaire. Le responsable a souligné qu'il n'y avait pas de volonté de transférer à l'étranger des sites de production ou la fabrication de produits individuels, mais «d'envisager toutes les possibilités avant d'embaucher de nouvelles personnes».

Avec plus de 10 000 salariés en Suisse dans la production, la recherche et l'administration, la multinationale est le quatrième plus grand employeur industriel du pays. Elle y exploite dix usines. Elle vient de construire une nouvelle usine pour la fabrication de capsules de café Nespresso à Romont après y avoir investi 300 millions de francs. La production débutera dans le courant de l'année avec 400 nouveaux emplois. «Si nous devions prendre cette décision aujourd'hui? Je ne sais pas, s'est interrogé Paul Bulcke, grand patron de Nestlé. Bien sûr que nous réfléchissons à deux fois où nous voulons ouvrir une nouvelle usine ou supprimer un département. Et maintenant vient encore s'ajouter le franc fort». Il n'a pas caché son agacement face aux incertitudes liées aux nombreuses initiatives populaires, en y dénonçant une vision à court terme. «La Suisse doit en prendre conscience. Dans le monde, il n'y a rien de gratuit», a-t-il mis en garde dans la Schweiz am Sonntag.

Emplois en danger

Le maintien de la cherté du franc menace, à court terme, 20000 emplois dans le secteur des machines, des équipements électriques et des métaux, selon Hans Hess, président de l'association faîtière Swissmem. Il s'agit du 20% du personnel engagé dans des sociétés de moins de 50 salariés. Dans la Sonntagszeitung, le responsable craint aussi des fermetures et des délocalisations au sein de moyennes et grosses firmes.

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