Actualisé 06.07.2010 à 17:58

Proche-OrientNetanyahu prendra «des risques» pour la paix

Barack Obama a déclaré mardi espérer que les pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens commenceraient avant l'expiration, en septembre, du moratoire sur les colonies juives en Cisjordanie.

Le président américain a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mardi à Washington. (Photo: AFP)

Le président américain a rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mardi à Washington. (Photo: AFP)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé mardi qu'il était «grand temps» de passer à des négociations directes avec les Palestiniens. Le président américain Barack Obama a réclamé qu'elles aient lieu avant la fin du gel des constructions dans les colonies.

M. Obama, qui s'exprimait à l'issue d'une rencontre entre les deux hommes à la Maison Blanche, a également déclaré qu'il pensait que M. Netanyahu était prêt à «prendre des risques» pour la paix.

Les Palestiniens ont suspendu le dialogue direct en décembre 2008 après l'offensive israélienne contre Gaza. Depuis début mai, des discussions ont repris via le médiateur américain George Mitchell mais elles n'ont débouché sur rien pour le moment même si Washington a fait état de «progrès».

26 septembre

Les Palestiniens refusent le principe de négociations directes avant un gel total des constructions dans les colonies juives de Cisjordanie. Un gel provisoire doit arriver à échéance le 26 septembre.

Renouvelant sa confiance envers le dirigeant israélien, M. Obama l'a félicité pour l'allègement du blocus à Gaza décrété par Israël, alors que l'Etat hébreu a autorisé lundi l'accès de matériaux de construction destinés à des projets de la communauté internationale approuvés par l'Autorité palestinienne.

Les deux hommes sont apparus côte à côte lors d'une conférence de presse à l'occasion de laquelle ils se sont serrés la main et qui devait être suivie d'un déjeuner de travail.

Le programme de cette visite tranche avec celle effectuée en mars par M. Netanyahu: la Maison Blanche lui avait réservé un accueil glacial après l'annonce par Israël de la construction de 1.600 logements dans un quartier de colonisation de Jérusalem-Est annexé. Cette réunion n'avait donné lieu ni à une conférence de presse, ni à une séance photo.

Pas le moindre doute

Les Etats-Unis et Israël sont liés par un étroit accord de coopération stratégique. Mais la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-est (annexée) a porté ombrage aux relations privilégiées entre les deux alliés.

Le président Obama souhaite une prolongation du gel de la colonisation en Cisjordanie au delà de fin septembre mais M. Netanyahu reste vague sur la question.

Un membre du gouvernement israélien s'est en revanche montré catégorique mardi à ce propos. «Il n'y a pas le moindre doute: la construction reprendra en Judée-Samarie (Cisjordanie) immédiatement après l'échéance prévue», a déclaré Limor Livnat, ministre de la Culture et des Sports.

Un cinquième des parcelles sur lesquelles ont été construites les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée sont des terrains privés appartenant à des Palestiniens, selon un rapport publié mardi par l'organisation israélienne pour les droits de l'Homme B'Tselem.

Le texte souligne que quelque 300.000 Israéliens vivent actuellement dans les colonies en Cisjordanie, et environ 200.000 autres dans le secteur oriental de Jérusalem conquis et annexé par Israël en juin 1967. Cette annexion n'a jamais été reconnue par la communauté internationale, qui considère Jérusalem-Est comme un territoire occupé.

Enquête sur la flottille

L'administration américaine s'attend également à ce que le Premier ministre israélien livre à M. Obama les premiers éléments de l'enquête israélienne sur le raid contre la flottille d'aide humanitaire internationale pour Gaza le 31 mai dernier. Ce raid a fait 9 morts parmi les passagers d'un ferry turc.

Les deux dirigeants devaient aborder cette question mardi alors que la Turquie - allié proche des Etats-Unis - a menacé lundi Israël d'une rupture des relations si l'Etat hébreu ne s'excusait pas pour cette opération. Israël «ne s'excusera jamais» auprès d'Ankara, a rétorqué un haut responsable du bureau de M.Netanyahu.

Mercredi, ce dernier se rendra à New York pour rencontrer le chef de l'ONU Ban Ki-moon. Jeudi, le dirigeant israélien s'entretiendra avec l'ancien président américain Bill Clinton. (ats)

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