Actualisé 24.02.2009 à 06:50

Formation en muséologie inédite

Neuchâtel accueille des étudiants du monde entier

La Suisse est le pays au monde qui compte le plus de musées par habitant, mais paradoxalement aucune formation de base en muséologie n'y était donnée.

Depuis l'automne 2008, un master des universités romandes, pilotée par celle de Neuchâtel, comble ce manque.

Après New York et Londres, la Suisse est la plus grande place d'import-export d'oeuvres d'art au monde, a expliqué à l'ATS le professeur Pascal Griener, instigateur du master en études muséales. Cette circulation d'objets d'arts de qualité, l'attachement à un patrimoine local et le tourisme expliquent pourquoi la Suisse compte environ 1000 musées.

Et leur nombre, comme celui des visiteurs, ne cesse d'augmenter. Paradoxalement, le nombre d'écoles de muséologie, surtout en Europe, est très réduit, alors qu'il faut bien pouvoir former les cadres de ces institutions, observe M. Griener.

Le master en études muséales, piloté par l'Université de Neuchâtel mais commun à celles de Fribourg, Lausanne et Genève, répond donc à une vraie demande. Lancé à l'automne 2008, il compte 35 places. Le choix des nombreux étudiants intéressés a dû se faire sur dossier.

Bonne renommée

Au final, l'Université de Neuchâtel a réussi à attirer des étudiants de Russie, des Etats-Unis, du Canada et d'Europe, les Suisses et les Neuchâtelois étant minoritaires. «La bonne renommée internationale du Musée d'ethnographie et du Muséum d'histoire naturelle, performants en matière d'expositions et d'expographie, y a contribué également», ajoute M. Griener.

Les cours se donnent actuellement en français. Mais l'anglais pourrait devenir la langue de référence d'ici une ou deux années, vu la provenance des étudiants, âgés en moyenne de 26 ans.

L'une des particularités de cette formation est d'être ouverte à tout ce qui se fait de mieux à l'international, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis. «Contrairement à la France où la direction de musées obéit à une seule théorie, la Suisse a la chance de n'avoir pas de tradition dans le domaine et d'emprunter le meilleur de chaque méthodologie», observe M. Griener.

Orientation pratique

L'autre particularité du master est d'être orienté sur la pratique. La plupart des professeurs sont des intervenants extérieurs comme des conservateurs de musées.

Pour l'aspect académique de la formation, l'équipe des professeurs est composée de M. Griener, qui enseigne notamment l'histoire des collections et des musées, de Pierre Alain Mariaux, directeur de l'institut et spécialiste des collections médiévales et des trésors d'Église, ainsi que de Régine Bonnefoit, professeur boursier du Fonds national suisse.

Stage de six mois

Pour compléter la pratique, la formation en muséologie d'une durée de deux ans se termine par un stage de six mois et la rédaction d'un mémoire. «Avoir pu convaincre les musées d'offrir des stages de qualité est une fierté et un aspect inédit du master», note M. Griener.

Cet échange avec les musées a été possible grâce à l'étroite collaboration avec le Comité national suisse du Conseil international des musées (ICOM suisse) et avec l'Association des musées suisses. Actuellement, des étudiants sont en stage au Musée des Beaux-Arts de Berlin, au Musée d'Orsay à Paris et dans de nombreux musées suisses.

«Les musées de petite ou de moyenne taille présentent l'avantage de permettre au stagiaire de connaître toutes les fonctions de l'institution. On n'accepte des stages dans les grands musées que si l'on connaît les conservateurs car on ne veut pas que notre stagiaire soit réduit à faire des photocopies», conclut M. Griener. (ats)

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