Votations - Neuchatel ne souhaite pas reconnaître d’autres religions
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VotationsNeuchâtel ne souhaite pas reconnaître d’autres religions

Le canton se prononçait dimanche sur la reconnaissance d'intérêt public des communautés religieuses. Le «non» l’a largement emporté. Le nombre de religions reconnues par l’État reste de trois.

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gni/gmo
Les Neuchâtelois ont rejeté la nouvelle loi avec 56,2% de «non».

Les Neuchâtelois ont rejeté la nouvelle loi avec 56,2% de «non».

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C’était un enjeu sensible. Le canton de Neuchâtel s’exprimait dimanche sur la reconnaissance d'intérêt public des communautés religieuses. Il s’agissait, concrètement, d’octroyer les mêmes droits à toutes les religions. Le peuple a parlé: seules les Églises protestante, catholique romaine et catholique-chrétienne restent reconnues par l’État.

26 des 27 communes n’ont pas accepté la loi. Le «non» le plus marqué a eu lieu à Brot-Plamboz, avec 78%. La Chaux-de-Fonds a également dit non à 52,3%. À Neuchâtel, seule ville où le «oui» s’est imposé, les citoyens ont voté en faveur de la loi à 52,5%. En revanche, une égalité parfaite entre le oui et le non s’est démarquée à La Chaux-du-Milieu.

Soutenue par les Églises

La nouvelle loi visait à donner «une réponse à l’augmentation de la diversité religieuse», selon Laurent Kurth, conseiller d’État en charge des Cultes et Affaires religieuses. Par exemple, une religion reconnue pourrait prendre part aux services d’aumônerie dans les écoles, les hôpitaux, les services pénitentiaires, etc. Elle aurait également la possibilité d’utiliser des locaux scolaires, en dehors des heures de cours, pour dispenser l’enseignement religieux. Et finalement, en plus d’exonération fiscale, une communauté reconnue peut toucher une contribution volontaire de ses membres que l’État peut percevoir en son nom le cas échéant.

Les trois Églises reconnues s’étaient positionnées en faveur de la nouvelle loi, à travers laquelle elles voyaient une forme d’équité. «C’est également un moyen de regarder l’ensemble de la société au-delà de sa propre communauté puisque l’un des critères de reconnaissance renvoie à l’engagement dans la vie neuchâteloise», estimait Christian Miaz, président du Conseil synodal et représentant de l’Église protestante.

Les Églises évangéliques étaient notamment concernées, elles qui avaient déposé un dossier pour être reconnues depuis 2000. «La reconnaissance d’une communauté religieuse est un sujet fondamental qui s’inscrit dans l’Histoire», détaillait Jean-Daniel Jeanneret, vice-président du PLRN et membre du comité référendaire.

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