Actualisé 24.10.2009 à 15:30

Etats générauxNeuchâtel s'interroge sur son système de santé

Trois cents personnes ont participé samedi aux états généraux destinés à remettre sur les rails la réforme du système de santé dans le canton de Neuchâtel. La réunion organisée à Cernier, dans le Val-de-Ruz, a rassemblé surtout un public averti.

Les états généraux répondent à la nécessité de dégager un consensus pour l'heure introuvable dans la restructuration du système cantonal de santé, a souligné Patrick Erard, député des Verts au Grand Conseil, lors d'une allocution d'introduction. Il a appelé les parties impliquées à cesser de se déchirer.

La réunion dans le Val-de-Ruz s'est déroulée dans le contexte de crise qui bloque la mise en œuvre de la planification sanitaire neuchâteloise. Pas moins de trois initiatives populaires et une initiative parlementaire contestent le concept élaboré par Hôpital neuchâtelois (HNe) et approuvé par le gouvernement.

Les états généraux ont permis aux participants de mesurer la complexité de ce qui a trait au domaine sanitaire, lequel ne se limite pas aux soins médicaux. Comme l'a souligné le médecin cantonal Claude-François Robert, la gestion et la promotion de la santé affectent tous les genres de vie et d'activité.

Piste à explorer

Invité aux états généraux, le professeur Alberto Holly, de l'Université de Lausanne, a relevé pour sa part la valeur record du point Tarmed dans le canton de Neuchâtel. Il a présenté le phénomène comme une piste à explorer dans une perspective de réduction des coûts.

L'opportunité de rendre le système de santé performant avec des moyens financiers restreints a figuré au coeur du débat à Cernier. L'assistance n'a pas semblé unanime sur la possibilité d'améliorer l'efficience des soins et la sécurité des patients en restreignant les pratiques pointues à un nombre limité d'établissements.

Exemple valaisan

L'ancien conseiller d'Etat valaisan Thomas Burgener a défendu pour sa part ce point de vue. Selon lui, toute politique de restructuration sanitaire est vouée à l'échec si elle ne bénéficie pas d'un consensus au sein du monde politique et si elle ignore les attentes des acteurs et du personnel de santé.

Après le débat public en matinée, les états généraux se sont poursuivis l'après-midi au sein de trois ateliers. Ceux-ci ont porté sur les coûts de la santé dans le canton, sur sa prévention et sa promotion, ainsi que sur les possibilités de traitement consensuel des initiatives populaires discordantes.

Vers du concret

Les réunions en atelier doivent déboucher sur «des actes» assurant le succès de la réforme sanitaire, a indiqué à l'ATS la conseillère d'Etat Gisèle Ory, responsable du dossier. Selon elle, les acteurs de la santé et la population doivent décider «ce qu'ils peuvent faire et jusqu'où ils veulent aller avec les moyens à disposition».

Les actes esquissés au cours des états généraux devront encore être élaborés en détail, a poursuivi Gisèle Ory. Le contenu des orientations décidées samedi sera formalisé ultérieurement et fera l'objet d'une communication publique.

Participants impliqués

En plus du Conseil d'Etat in corpore, les états généraux ont réuni un public formé surtout de politiciens, de médecins, d'infirmiers et de cadres administratifs. Quelques citoyens ordinaires ont marqué de leur discrète présence la réunion à laquelle assistait en majorité un public averti et impliqué dans la réforme.

(ats)

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