Actualisé 27.04.2020 à 15:51

Coronavirus

Le traçage des chaînes d'infection reprend

Plusieurs cantons veulent connaître l'entourage large des personnes testées positives. Les proches ayant eu un contact rapproché sont mises en quarantaine stricte pendant dix jours.

L'opération sera supervisée par le médecin cantonal neuchâtelois, Claude-François Robert.

L'opération sera supervisée par le médecin cantonal neuchâtelois, Claude-François Robert.

Keystone

Le traçage systématique des personnes ayant été en contact rapproché avec un malade du Covid-19 reprennent dans certains cantons, dont Genève et Neuchâtel. Ces enquêtes, qui visent l'entourage large de la personne testée positive, avaient été abandonnées avec l'explosion des cas.

ll s'agit de rechercher toutes les personnes ayant été à moins de deux mètres pendant plus de quinze minutes dans les 48 heures précédant le résultat positif du test, selon Laurent Paoliello, porte-parole du Département genevois de la santé (DSES). Il revenait lundi sur une information parue dans la «NZZ am Sonntag».

Lors de la phase aiguë de la pandémie, seuls les proches qui partageaient le domicile du malade étaient isolés. Dès à présent, les personnes ayant eu un contact rapproché sont mises en quarantaine stricte pendant dix jours. Pour elles, faire les courses, même avec un masque, est interdit.

Concrètement, chaque personne testée positive sera contactée par les autorités sanitaires pour établir précisément une liste des personnes avec lesquelles elle a été en contact rapproché. Selon le médecin cantonal genevois Jacques-André Romand, cité dans l'hebdomadaire alémanique, «c'est contraignant, mais nécessaire afin de pouvoir remonter la chaîne d'infection».

Les contrevenants risquent une amende allant jusqu'à 5000 francs. Des contrôles devraient être effectués, mais leur modalité n'est pas encore définie. Il pourrait s'agir de visites aléatoires au domicile des personnes mises en quarantaine ou d'appels vidéo de la part des autorités sanitaires.

Suivis individuels

Neuchâtel adopte une pratique similaire. «On revient aux suivis individuels du début pour mettre en boîte le virus», a déclaré lundi Laurent Kurth, conseiller d'Etat neuchâtelois en charge de la santé. Si des policiers feront notamment partie de l'équipe qui va opérer ce traçage, il «ne s'agit pas d'une opération de police», a rappelé le Conseil d'Etat.

Cette opération sera supervisée par le médecin cantonal neuchâtelois, Claude-François Robert. «Le but est d'aller très vite pour identifier les risques, isoler les personnes qui doivent l'être et rendre leur liberté aux autres», a-t-il ajouté. Selon les besoins, les personnes seront placées en quarantaine à domicile ou dans des lieux spécifiques.

Dans deux semaines

Le canton de Thurgovie a également annoncé lundi qu'il reprenait les traçages individualisés. La pratique n'est toutefois pas généralisée au niveau national. Selon Daniel Koch, délégué au Covid-19 de l'OFSP, la Confédération décrétera quand il faudra le faire, ce qui dépendra de la praticabilité du traçage, a-t-il indiqué lundi devant la presse. Aucune date n'a encore été fixée, mais ce traçage devrait se faire probablement au plus tard dans deux semaines.

Interrogée par Keystone-ATS, Seraina Grünig, de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS) précise que le traçage implique beaucoup de travail pour les cantons. En effet, ces derniers ont déjà expérimenté cette pratique au début de l'épidémie. Ils ont cependant dû l'abandonner quand les cas ont augmenté de manière exponentielle. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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