Montreux (VD) - Neuf passionnés donnent un coup de jeune à une vieille vigne de rouge
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Montreux (VD)Neuf passionnés donnent un coup de jeune à une vieille vigne de rouge

Des vignerons en herbe redonnent un second souffle de vie à une parcelle située en zone urbaine. Ils privilégient une approche naturelle avec la biodynamie. Ils viennent de récolter 50’000 francs par crowdfunding.

par
Samantha Medley

La parcelle est située sur les hauts de Montreux (VD).

«La jeunesse peut déplacer des montagnes» et «L’union fait la force». Ces expressions collent bien à l’objectif d’une équipe de neuf vignerons en herbe: redonner vie à une ancienne vigne surplombant la ville de Montreux (VD), délaissée par ses propriétaires. Malgré son accès difficile, sa pente et son emplacement en zone urbaine entre maisons et immeubles, la parcelle de 2000 m2, plantée de raisin rouge, a séduit ces amoureux du vin, de la nature et des traditions. Ils ont décidé de retrousser leurs manches pour y faire de la culture en biodynamie, dans un but non lucratif. La jeunesse, c’est le corps de ce projet de viticulture 100% naturel, sans pesticides: «Notre force, c’est d’être jeunes et d’avoir aussi la motivation d’essayer», lâche Yannick Maffli, un des membres de l’équipe, regroupée au sein d’une association baptisée l’Amicale viticole du col de Onsla.

Pas vignerons, mais motivés

La passion et la motivation amènent ces passionnés, âgés entre 25 et 30 ans, à s’entourer de professionnels pour se former aux métiers du vin et à ne pas compter les heures passées à bichonner les ceps pendant leur temps libre. Avec leur approche de culture biodynamique, de biodiversité et de travail collectif, ils espèrent non seulement «sortir un vin qui leur ressemble», mais également sensibiliser les habitants du quartier et de la commune, ainsi que les propriétaires de vignes, à l’importance de conserver les vignes en zone urbaine afin de protéger un patrimoine et de lutter contre le bétonnage.

50’000 francs récoltés

Régénérer la vigne, créer des habitats pour la flore et la faune, vinifier le vin dans une vieille cave vigneronne ou encore acheter du matériel et des machines: tout cela à un coût. Pour obtenir un coup de pouce financier, une campagne de financement participatif (crowdfunding) a été lancée: 50’000 francs ont ainsi été récoltés. C’est deux fois plus qu’espéré. «On a la chance d’avoir des réseaux d’amis qui sont forts et réagissent assez vite. On a aussi rapidement de la main-d’œuvre pour nous aider», concède Yannick Maffli.

La première cuvée, qui sortira au printemps prochain, sera peu abondante, en raison des mauvaises conditions météo. Au lieu de 2000 bouteilles, ce sont entre 500 et 1000 qui devraient pouvoir être produites et aller garnir les caves ou les tables des membres de l’association et des personnes qui soutiennent le cru montreusien.

La culture biodynamique

Cette méthode fondée sur les quatre éléments de l’univers (terre, eau, air et chaleur) a été inventée par le philosophe autrichien Rudolf Steiner (1861-1925). Elle intensifie la vie du sol afin qu’il y ait un meilleur échange entre la terre et la plante. Les vignerons utilisent des préparations à base de plantes qu’ils infusent, dynamisent ou macèrent afin d’aider la vigne à se renforcer et à mieux se développer. Ils observent aussi les cycles cosmiques, comme le calendrier lunaire, qui exerce une grande force d’attraction sur l’eau de la Terre, pour cultiver la vigne. La production biodynamique concerne près de 3% de la surface du vignoble suisse, selon les chiffres publiés en 2019 par la «Revue suisse de viticulture, arboriculture, horticulture».

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