Insolite: Nez à nez avec son pickpocket dans le train
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InsoliteNez à nez avec son pickpocket dans le train

Une passagère de 1ère classe raconte son voyage en compagnie d'un voleur des plus astucieux.

par
Raphaël Pomey
Les premières classes, espace de sécurité absolue? Pas sûr.

Les premières classes, espace de sécurité absolue? Pas sûr.

Voilà un trajet que Christine (prénom fictif) n'oubliera pas de sitôt. Dans le train qui la ramenait chez elle, vendredi passé, cette habitante de Bienne a fait la rencontre d'un pickpocket au sang plus froid que celui d'un serpent.

Habillé en jeune cadre dynamique

A quelques minutes de l'arrivée en gare, ce soir-là, Christine cherche le sac de son ordinateur, qu'elle garde toujours vers elle, et constate qu'il a disparu. Se mettant à la recherche de l'objet, elle finit par l'apercevoir dans la rangée derrière elle, face à un jeune homme habillé en cadre dynamique.

La voyageuse lui signale alors que le sac est à elle, et l'homme, pas plus perturbé que ça, lui rétorque qu'il traînait par terre, raison pour laquelle il l'a posé en face de lui. Intriguée, Christine vérifie que toutes ses valeurs se trouvent encore dans le sac et, alertée par un témoin, découvre que son iPhone a disparu.

Elle fouille elle-même le sac du voleur!

Pour retrouver l'appareil et confondre le voleur, elle décide de le faire sonner avec un autre téléphone. Pas un bruit. Mais, encouragée par le témoin, elle aborde le «jeune cadre dynamique» et lui demande de pouvoir fouiller son sac. Le filou coopère et accepte même de vider ses poches devant Christine. Rien dedans.

L'astuce de la poubelle

C'est finalement le témoin de la scène qui retrouvera le portable dans une poubelle, laquelle empêchait l'appel téléphonique de Christine de passer. Heureuse d'avoir retrouvé son bien, Christine retourne à sa place et attend la fin du trajet. Son voleur, lui, reste tranquillement à sa place et sort à l'arrêt suivant. «Il n'a eu aucune réaction, s'exclame la voyageuse. Comme si rien ne s'était passé.»

Sorti du train, le pickpocket sera empêché de remonter dans le train par un contrôleur, mais filera sans être inquiété.

«C'est la première fois que j'entends parler de la poubelle comme planque pour un téléphone volé», explique Frédéric Revaz, porte-parole des CFF. Il n'est pas en mesure de dire si les wagons de première classe, comme celui dans lequel voyageait Christine, sont plus ou moins dangereux que les autres. Il recommande toutefois de ne jamais laisser traîner ses valeurs, quel que soit la partie du train dans laquelle on se trouve, par exemple pour aller aux toilettes.

Ne pas se faire justice

Autre recommandation, ne pas vouloir arrêter soi-même d'éventuels voleurs, et appeler la police ferroviaire (0800 117 117) en cas de vol ou de grabuge.

De son côté, Christine espère que son récit servira à trouver des objets volés, si des petits filous retentent de planquer des valeurs volées dans les poubelles. Elle remercie aussi le témoin du vol qui l'a rendue attentive aux agissements du pickpocket.

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