Une «grand-mère» à la tête de l’OMC: Ngozi Okonjo-Iweala accepte les excuses des journaux alémaniques
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Une «grand-mère» à la tête de l’OMCNgozi Okonjo-Iweala accepte les excuses des journaux alémaniques

Des journaux du groupe CH Media avaient qualifié de «grand-mère» la première femme à être nommée à la tête de l’OMC, provoquant un tollé au niveau international.

Cette affaire avait pris une tournure internationale, plusieurs hautes dirigeantes africaines de l’ONU notamment accusant ces journaux alémaniques de «racisme» et «sexisme».

Cette affaire avait pris une tournure internationale, plusieurs hautes dirigeantes africaines de l’ONU notamment accusant ces journaux alémaniques de «racisme» et «sexisme».

AFP

La première femme et première Africaine à diriger l’OMC a accepté les excuses d’un quotidien suisse qui avait provoqué un tollé en titrant «cette grand-mère va diriger l’Organisation mondiale du commerce» ,pour marquer la nomination de la Dr Ngozi Okonjo-Iweala.

«Je remercie toutes mes soeurs, les dirigeants de l’ONU et 124 ambassadeurs à Genève qui ont signé la pétition pour dénoncer les remarques racistes et sexistes de ce journal. Il est important et opportun qu’ils aient présenté des excuses», a tweeté la Dr Ngozi dans la nuit de dimanche à lundi, à quelques heures d’occuper officiellement son poste à la tête de l’organisation.

«Il nous faut dénoncer ces comportements quand ils se produisent», a souligné la directrice générale, âgée de 66 ans, soulignant que ce sont précisément ce genre de stéréotypes qu’elle dénonce dans son livre écrit avec Julia Gillard, «Women and Leadership».

Le titre était paru le 9 février, dans le quotidien régional «Aargauer Zeitung» ainsi que dans deux autres journaux du même groupe, CH Media, et sur leurs sites internet.

Le 26 février, l’«Aargauer Zeitung» a publié un communiqué en anglais reconnaissant que le titre était «inapproprié» et admettant qu’il avait provoqué «la colère de nombreux lecteurs». «Nous présentons nos excuses pour cette erreur éditoriale», soulignait le communiqué signé du rédacteur en chef chargé des informations internationales.

Le quotidien a aussi tenu à dédouaner l’auteur de l’article, basé à Genève, qui n’a pas rédigé le titre.

Un coup de fouet pour l'organisation

Ngozi Okonjo Iweala est arrivée lundi au siège de l'Organisation mondiale du commerce, pour mieux connaître ses équipes et les représentants des pays membres, au premier jour d'un mandat historique à la tête d'une institution confrontée à d'énormes défis en pleine crise économique et sanitaire mondiale. «J'arrive dans l'une des plus importantes institutions du monde et on a beaucoup de travail. Je me sens prête» , a lancé la Dr Ngozi, à son arrivée, tôt lundi matin à l'élégant siège de l'OMC, le long des berges du lac Léman. La première femme et première Africaine à diriger l'OMC a placé la journée sous le signe de l'écoute.

Une de ses premières tâches sera de nommer ses 4 nouveaux directeurs adjoints, qui l'aideront à redynamiser le mécanisme de négociation de l'organisation.

La nouvelle cheffe de l'OMC espère faire progresser les discussions sur les subventions à la pêche, afin de les terminer lors de la prochaine conférence ministérielle. Mais la tâche s'avère difficile car les pourparlers s'enlisent.

En plein marasme économique mondial causé par la pandémie de Covid-19, plusieurs autres chantiers de taille attendent la Dr Ngozi, dont dénouer les conflits opposant l'organisation aux États-Unis.

(AFP)

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