Actualisé 18.07.2014 à 17:54

Tour de France

Nibali se méfie encore de Valverde

Alors que son rival australien, Richie Porte, est passé par la fenêtre dans la montée vers Chamrousse, l'Italien a refusé d'imaginer que le Tour était déjà joué.

de
J.-Ph. Pressl-Wenger, Chamrousse

Vincenzo Nibali continue d'impressionner son monde. Tant au sein du peloton que dans le cercle restreint des anciens champions. Sean Kelly, par exemple, n'en revenait pas. «Il marche superbement bien, ce Nibali, a rigolé l'Irlandais. A un peu plus de 6km de l'arrivée, j'ai quand même été surpris qu'il attaque. Mais il m'a vraiment épaté.» Le son de cloche n'est pas vraiment différent auprès des coureurs. Le principal intéressé, lui, garde la tête sur les épaules. «Il reste encore des étapes très difficiles, vous savez, a déclaré le «Requin de Messine». C'était important que je prenne du temps à Alejandro Valverde aujourd'hui (ndlr : vendredi). J'espère qu'il l'est, mais je ne veux pas penser pas que le Tour est joué.»

Avec la démonstration qu'il a réussie sur les premières pentes des Alpes, on voit mal qui pourrait venir encore le chatouiller, pour autant qu'il ne connaisse pas de coup de mou. «Ma forme est au mieux, je me suis préparé pour ce Tour et j'y suis arrivé pour rester très compétitif tout au long de la course.»

Valverde limite les dégâts

Contrairement à Richie Porte, largué à plus de huit minutes de Nibali en Isère, Alejandro Valverde a livré la marchandise. Un de ses lieutenants, le Français John Gadret, a bien résumé l'état d'esprit qui régnait au sein de l'équipe Movistar. «Même si Valverde a perdu un peu de temps sur Nibali (ndlr : 50 secondes), l'essentiel était de se mettre dans une bonne dynamique. On a dû prendre nos responsabilités, il fallait bien les prendre un jour de toute façon, a-t-il analysé. Qui ne tente rien n'a rien, on a fait ce qu'il fallait. On ne peut pas avoir de regrets», a conclu l'ancien coureur AG2R.

Tous les acteurs de cette 13e étape ont souffert de la température estivale, qui est montée jusqu'à 35 degrés par endroits. Natif d'Epernay, John Gadret n'aime pas trop la canicule. «Ce n'est pas facile de gérer la transition entre le temps pourri des derniers jours et la chaleur, a-t-il reconnu. Même si c'est pour tout le monde pareil.» Samedi, dans l'étape entre Grenoble et Risoul, les coureurs passeront le Col du Lautaret ainsi que le Col de l'Izoard, point culminant du Tour 2014. Et les températures attendues flirteront encore avec les 30 degrés.

Une victoire pour se souvenir

Le 18 juillet 1995, lItalien Fabio Casartelli chutait mortellement dans la descente du Col de Portet-dAspet. Vincenzo Nibali, comblé par sa troisième victoire sur ce Tour après celles de Sheffield et de la Planche des Belles Filles, a voulu la dédier à son compatriote, décédé sur la route du Tour il y a 19 ans. «Je me suis souvenu de cet anniversaire, a dit le Sicilien. Cet événement tragique mavait marqué.» Autre raison de plonger dans le passé à Chamrousse: on fêtait les 100 ans de la naissance de Gino Bartali, vainqueur de deux Tours de France (1938 et 1948). Et comme «Gino le pieux» à lépoque, Nibali a enfilé, vendredi, tant le maillot jaune que le maillot à pois désignant le meilleur grimpeur.

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