Actualisé

Nicolas Sarkozy a du travail à l'ONU

NATIONS UNIES - Soutien au multilatéralisme, mobilisation sur le climat, réflexion sur les crises en Afrique et fermeté à l'égard de l'Iran: articulée autour de ces temps forts, la visite qu'effectue Nicolas Sarkozy lundi et mardi à New York sera dominée par la première intervention du président français devant la 62e Assemblée générale des Nations unies.

Sous l'oeil attentif de l'administration américaine, qui compte le nouvel hôte de l'Elysée comme l'un de ses proches alliés, M. Sarkozy prononcera son discours mardi matin (17h à Paris), l'occasion pour lui de rappeler son attachement au multilatéralisme et de réaffirmer la «priorité essentielle» donnée à l'Afrique dans la politique étrangère de la France.

Selon son porte-parole David Martinon, il profitera de cette tribune pour reformuler «certaines des propositions qu'il avait déjà faites lors de la conférence des ambassadeurs» fin août à Paris. Il avait alors plaidé pour un «nouvel ordre planétaire», proposant notamment que l'Allemagne, le Japon, l'Inde, le Brésil et l'Afrique entrent au Conseil de sécurité et que le G8 se transforme en G13. Il avait également évoqué le continent noir.

Passant de la parole aux actes, le président français présidera mardi, en marge de l'Assemblée générale, une réunion du Conseil de sécurité au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement sur le thème «l'Afrique face aux défis de la paix et de la sécurité internationale».

Cette réunion, la troisième du genre et la première à laquelle participe le président américain George W. Bush, aura lieu en présence du secrétaire général de l'ONU et du président malien de la Commission de l'Union africaine Alpha Oumar Konaré.

«La crise au Darfour sera bien sûr au menu de ces discussions. Il s'agira d'accélérer les négociations sur le déploiement d'une présence internationale dans l'est du Tchad et au nord-est de la République centrafricaine», a précisé M. Martinon.

Pour Paris, a-t-il ajouté, «il est essentiel que cette force se déploie en même temps que ce que l'on appelle désormais la MINUAD, qui est la force hybride ONU-Union africaine au Darfour, dans une logique qui vise à stabiliser l'ensemble de la région».

Autre crise incontournable, celle du nucléaire iranien pourrait être mentionnée par le président français, qui s'est prononcé jeudi pour des «sanctions plus fortes» contre Téhéran si le dispositif actuel ne se révélait pas suffisant. «C'est une affaire extrêmement difficile mais la France ne veut pas la guerre», a insisté M. Sarkozy, prenant ses distances avec son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui avait invité le monde à «se préparer au pire».

Avant la grand-messe onusienne, ponctuée d'entretiens avec ses homologues colombien Alvaro Uribe et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ainsi qu'avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, Nicolas Sarkozy prendra part lundi à un sommet sur le climat organisé par Ban Ki-moon à l'approche des négociations de Bali sur l'après-Kyoto. Un rendez-vous en forme de test pour la relation franco-américaine, puisque Washington tarde à s'impliquer dans la lutte contre le réchauffement.

«Dans l'esprit du président Sarkozy, les pays industrialisés, à commencer par la France, ont une responsabilité particulière dans le réchauffement climatique parce qu'ils sont fortement producteurs de pollution et de gaz (...) carbonique», a relevé David Martinon. Toutefois, a-t-il observé, «les efforts des pays industrialisés resteront vains s'ils ne sont pas étroitement coordonnés avec l'action de ce que l'on appelle les grands pays émergents, à savoir l'Inde, la Chine, le Mexique, le Brésil, l'Afrique du Sud», en pleine croissance et donc fortement producteurs de gaz à effet de serre.

Dans la droite ligne du G8 de Heiligendamm, qui avait vu Nicolas Sarkozy s'impliquer dans ce dossier, Paris juge «essentiel que s'établisse entre ces deux groupes de pays un dialogue sur ces sujets-là». AP

tl/div/mw (ap)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!