Actualisé 08.05.2008 à 15:59

Nicolas Sarkozy attaque la presse

Dénonçant une «communication coordonnée et hostile» de l'UMP et de Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal, l'avocat de cette dernière a annoncé jeudi le dépôt prochain d'une plainte contre Jean-Pierre Raffarin, qui avait accusé l'ex-candidate socialiste à la présidentielle de «délinquance sociale» après sa condamnation dans l'affaire de ses assistantes parlementaires.

Dans son édition datée de jeudi, «Le Parisien/Aujourd'hui en France» dénonce de son côté les attaques contre la presse auxquelles se serait livré le chef de l'Etat lors d'une réunion avec les députés UMP mercredi à l'Elysée. «Nicolas Sarkozy a accusé la presse de ne pas avoir donné assez d'écho à la récente condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices parlementaires», écrit Vincent Régnier, directeur des rédactions du quotidien, dans une «mise au point».

L'UMP, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre, avait exprimé à plusieurs reprises des critiques similaires ces derniers jours.

Lors de cette rencontre, M. Sarkozy aurait également mis en cause «L'Express», «Marianne», l'AFP et le «Journal du Dimanche», les accusant de «s'attribuer la fonction d'opposition» selon M. Régnier. «Ces propos sont parfaitement infondés», réagit-il. «Nous avons fait état de cette affaire à plusieurs reprises et en donnant la parole aux différents protagonistes».

Dans un communiqué, le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray dénonce jeudi «une dérive préoccupante» et des «accusations destabilisatrices à l'égard de la presse de son pays, dont (Nicolas Sarkozy) a pourtant usé et abusé quand cela l'arrangeait».

Ségolène Royal a aussi décidé de répliquer. «Il est manifeste, après les propos du président de la République, qu'il s'agit d'une communication coordonnée et hostile», a déclaré à l'AP Me Jean-Pierre Mignard, son avocat. L'ancienne candidate a donc décidé de porter plainte contre Jean-Pierre Raffarin.

Le 14 avril dernier, l'ancien Premier ministre UMP avait demandé que Mme Royal démissionne de la présidence de la région Poitou-Charentes, où elle lui avait succédé, après sa condamnation en appel dans le procès intenté par deux ex-collaboratrices. La cour d'appel de Rennes avait condamné l'ancienne candidate à régler plusieurs mois de salaires impayés à deux anciennes attachées parlementaires.

«Pour un responsable politique, la délinquance sociale, c'est la faute majeure», avait-il asséné.

«Ces qualificatifs sont diffamatoires et utilisés avec l'évidente intention de nuire. Le doyen des juges d'instruction sera saisi dans les jours qui viennent d'une plainte avec constitution de partie civile», a annoncé Me Mignard dans un communiqué.

Sur le fond de l'affaire, «les anciennes assistantes vont être réglées intégralement», mais «nous allons former un nouveau pourvoi en cassation», a-t-il précisé à l'AP: les partisans de M. Sarkozy «font dire aux juges ce qu'ils n'ont pas dit». Dès lors, «nous allons redonner la parole aux juges».

Dans un éditorial signé jeudi par Bernard Revel, le quotidien régional «L'Indépendant» dénonce aussi les propos de M. Sarkozy: «Si tous les journaux s'appelaient 'Paris-Match', Sarkozy serait peut-être aussi populaire que Poutine. Mais la France serait-elle une démocratie?». L'hebdomadaire publie cette semaine une série de photographies intimes du couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni. (ap)

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