Nicolas Sarkozy chez Benoît XVI
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Nicolas Sarkozy chez Benoît XVI

«C'est très émouvant pour moi d'être reçu par vous, très Saint-Père». En visite officielle jeudi au Vatican, le président français Nicolas Sarkozy a eu une audience avec le pape Benoît XVI, qu'il rencontrait pour la première fois.

Leur audience a été consacrée à la situation internationale.

«Une attention particulière a été portée à la situation internationale, concernant l'avenir de l'Europe, les conflits du Moyen-orient, les problèmes sociaux et politiques de certains pays africains et le drame des otages», indique un communiqué du Vatican publié à l'issue de la visite de M. Sarkozy en tant que président au chef de l'Eglise catholique.

«Merci de me recevoir», a déclaré au pape le président français, très souriant et visiblement ému, à son arrivée solennelle dans le bureau du souverain pontife où l'escortait une haie de gardes suisses.

M. Sarkozy et Benoît XVI se sont entretenus en tête-à-tête durant une demi-heure en français (»je l'ai appris à l'école», a précisé Benoît XVI). Puis le chef de l'Etat a offert au pape le livre qu'il a écrit sur la République et les religions tandis que celui-ci lui remettait une médaille commémorative de son pontificat.

Recueillement

Le président a rencontré ensuite le cardinal-secrétaire d'Etat, Tarcisio Bertone, numéro 2 du Vatican, avant de visiter la basilique Saint-Pierre où il s'est recueilli devant la tombe de Jean Paul II.

Comme c'est l'usage pour un président de la France, «fille aînée» de l'Eglise, M. Sarkozy devait être fait dans l'après-midi «unique chanoine honoraire» de Saint-Jean-de-Latran, un titre conféré au souverain ou président français depuis Henri IV.

Cet honneur remonte à la conversion du roi protestant au catholicisme (1593) après qu'il eut décidé d'offrir les revenus de l'abbaye de Clairac (Lot-et-Garonne), au chapitre (ensemble des chanoines) de la basilique Saint-Jean-de-Latran.

Président d'une république laïque, Nicolas Sarkozy a plusieurs fois mis en avant son appartenance au catholicisme. Il a qualifié de «déterminante» la part du christianisme dans l'identité nationale française.

Réserves

Le pape Benoît XVI, qui avait apprécié la défense des valeurs traditionnelles, notamment familiales, soutenues par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne, avait salué sa victoire, au soir du 6 mai.

Pour autant, l'Eglise catholique n'a pas caché ses réserves à propos de plusieurs points de la politique gouvernementale, notamment l'immigration, les tests ADN et même le travail dominical.

M. Sarkozy devait rencontrer en fin d'après-midi son homologue Giorgio Napolitano avant de dîner avec les chefs de gouvernement italien Romano Prodi et espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, avec au menu le projet de l'Union méditerranéenne.

(ats)

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