Actualisé 27.11.2009 à 23:48

Trinidad-et-TobagoNicolas Sarkozy en Robin des bois pour le climat

Le président français Nicolas Sarkozy a proposé vendredi à Port-of-Spain que les pays riches fournissent un «premier engagement financier» de 10 milliards de dollars (10 milliards de francs) aux plus vulnérables pour les aider à réduire leur émissions de CO2.

Le chef de l'Etat français s'exprimait, à huis-clos, au sommet du Commonwealth à Trinidad-et-Tobago, largement consacré au réchauffement climatique, à 10 jours de l'ouverture de la conférence de l'ONU sur le climat à Copenhague (7 au 18 décembre).

C'est la première fois qu'un président français est invité à un sommet de cette assemblée composée de 53 pays, essentiellement d'anciennes colonies de l'ex-empire britannique.

«L'accord de Copenhague doit être juste. Il doit prévoir des actions concrètes pour aider les pays les plus pauvres et les plus vulnérables», a affirmé M. Sarkozy.

Suggestion par Brown

«Pour cela, nous devons adopter à Copenhague un premier engagement financier sur 2010, 2011 et 2012 de 10 milliards de dollars par an», a-t-il encore ajouté.

Selon le président français, «un mécanisme ambitieux devra également être adopté pour assurer les financements nécessaires aux pays en développement après 2012».

M. Sarkozy a l'intention de soumettre cette proposition à Copenhague, où il se rendra les 17 et 18 décembre.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a aussi proposé vendredi, sur son site internet, de lancer un fonds de 10 milliards de dollars pour aider les pays les moins avancés, sans préciser sur quelle durée.

Mesure prévue

Il a toutefois précisé que son pays était prêt à participer à hauteur de 1,3 milliard de dollars (environ 1,3 milliard de francs), sur trois ans.

Ce projet de financement entre dans le cadre du «fast start» (fonds d'urgence) que les Vingt-sept veulent mettre en place au profit des pays les plus vulnérables, sans avoir à attendre l'entrée en vigueur de l'accord de Copenhague, au 1er janvier 2013.

M. Sarkozy a aussi proposé de réduire de moitié la déforestation d'ici à 2020 et d'y mettre un terme d'ici à 2030. «Et nous devons commencer sans attendre», a-t-il dit.

Discussion avec Lula auparavant

La déforestation est responsable de près d'un cinquième des émissions de gaz à effet de serre.

Jeudi, M. Sarkozy et son homologue brésilien Lula se sont efforcés à Manaus de convaincre les pays amazoniens d'agir contre le réchauffement climatique.

M. Sarkozy avait été invité par Luiz Inacio Lula da Silva à participer, dans la capitale de l'Etat d'Amazonas au nord du Brésil, à une réunion des huit Etats signataires du Traité de coopération de l'Amazonie (TCA): outre le Brésil, le Venezuela, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, l'Equateur, le Surinam et le Guyana.

Souhait par l'Inde

Les présidents français et brésilien ont cherché à rallier ces pays au texte qu'ils avaient co-signé le 14 novembre à Paris, qui détaille les grandes lignes minimales de l'accord que tous deux souhaitent voir adopter à Copenhague. Leur objectif final est une «réduction mondiale d'au moins 50 % d'ici à 2050 par rapport à 1990» des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Les deux présidents ont encore salué les propositions chiffrées que viennent de faire les Américains et les Chinois pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Le ministre indien de l'Environnement, Jairam Ramesh, cité vendredi dans les colonnes de l'»Hindustan Times», a lui déclaré que New Delhi devait à l'avenir être plus flexible dans les négociations sur le changement climatique.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!