Vie privée: Nintendo prend en filature des hackers
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Vie privéeNintendo prend en filature des hackers

Big N a utilisé des méthodes policières pour tenter de ramener sur le droit chemin des pirates intéressés de trop près à sa console de poche 3DS.

La production de la console de poche 3DS lancée en 2011 a pris fin en 2020. AFP PHOTO/Yoshikazu TSUNO

La production de la console de poche 3DS lancée en 2011 a pris fin en 2020. AFP PHOTO/Yoshikazu TSUNO

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Le géant nippon du divertissement n’a pas lésiné sur les moyens ni la forme pour protéger sa console de jeux 3DS. Des documents en fuite ont révélé une opération de surveillance à caractère policier menée contre un hacker belge. En 2013, Big N a pris en filature un certain Neimod décrit comme un «ingénieur matériel hautement qualifié» avec «une très grande réputation au sein de la scène des hackers pour les produits Nintendo».

On retrouve par exemple sur les documents le profilage complet du hacker Neimod avec tous les détails de son parcours professionnel. Mais Nintendo a été bien plus loin en surveillant sa vie privée, relevant ses habitudes quotidiennes et ses fréquentations de lieux et de personnes.

Cette filature a fait partie du plan «gaufre belge» savamment orchestré dans les bureaux de Nintendo pour tenter de l’amadouer. Selon la planification de Nintendo, les informations récoltées devaient servir à l’approcher au moment opportun par une «équipe de contact». Celle-ci avait mission de s’approcher de la cible «de manière amicale, non menaçante, professionnelle et courtoise. «Fournissez une carte de visite», précisent même les instructions.

Les hackers auront le droit de se vanter

Une fois la conversation engagée, l’équipe devait alors flatter le pirate en «reconnaissant ses aptitudes en informatique». Le document décrit une approche «carotte et bâton», le bâton étant une longue liste d’infractions potentielles commises par Neimod en vertu du droit belge et la carotte représentant un certain nombre de «susucres» susceptibles d’intéresser le pirate informatique pour rentrer sur le droit chemin.

En cas de coopération, Nintendo promettait de renoncer à des plaintes pénales et faisait miroiter des primes pour les exploits informatiques signalés. Certaines découvertes pouvaient même être rendues publiques, permettant même au hacker de conserver son «droit à s’en vanter». Cela pourrait aider l’image de Nintendo, a écrit la société.

Neimod est resté discret depuis cette affaire qui remonte à 2013. Quant à Nintendo, malgré la polémique sur les réseaux sociaux, la firme est restée jusqu’ici muette sur cette pratique, sans que l’on sache si elle est toujours en cours. Comme le relève le site Torrentfreak, ce genre de programmes visant à protéger les droits de propriété intellectuelle des entreprises sont répandus, mais il est rare que des détails opérationnels fuitent vers le grand public.

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