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TennisNoah: «La fête avec nous plutôt que de s'emmerder»

Capitaine de l'équipe de France de FedCup qui affronte la Suisse ce week-end à Genève, Yannick Noah a ouvert sa boîte à souvenirs.

Yannick Noah.

Yannick Noah.

Keystone

«Les Suisses m'ont cassé. La preuve, j'ai mis près de vingt ans avant de revenir en Fed Cup», sourit un Yannick Noah qui n'a pas gardé qu'un souvenir mortifiant de cette demi-finale disputée sur le parking du stade de Tourbillon. «Je me souviens être venu à Sion avec ma fille Yelena qui avait alors dix ans. Nous avons fait du bungee jumping. Je me souviens aussi que j'avais lancé pour la première fois Amélie Mauresmo en Fed Cup. Je me souviens enfin que la moitié de l'équipe de Suisse avait préféré faire la fête avec nous après la demi-finale. Plutôt que de rester entre elles, parce qu'on s'emmerdait dans le camp suisse. Il semble qu'on rigolait plus chez nous, c'était une petite victoire malgré la défaite sur le court.»

Une belle pierre dans le jardin de Melanie Molitor, la capitaine de l'équipe de Suisse pour ce match de Sion, et de Martina Hingis, qui n'avaient pas l'humeur à la fiesta en ce dimanche 26 juillet 1998 malgré la qualification pour la finale... Quitte à altérer un esprit d'équipe qui n'avait pas été le plus sain deux mois plus tard lors de la finale perdue face à l'Espagne.

«C'est le plaisir qui me guide»

Dix-neuf ans après cette demi-finale, Yannick Noah retrouve la Fed Cup et l'équipe de Suisse pour un premier tour qui s'annonce très indécis. «Je n'ai pas hésité longtemps pour arrêter ma décision. C'est le plaisir qui me guide, explique-t-il. Les joueuses - Kristina Mladenovic (WTA 31), Alizé Cornet (WTA 43) et Pauline Parmentier (WTA 64) - m'ont sollicité après le désistement d'Amélie Mauresmo. Il est vrai que l'on se connaît peu. Il convient donc d'avancer très vite. J'étais sur la Coupe Davis la semaine dernière à Tokyo. Je dois conserver l'état d'esprit qui était le mien au Japon. Le discours doit, bien sûr, être adapté. Mais dans les grandes lignes, la donne ne change pas vraiment.»

Les principes non plus. Au Japon, Yannick Noah s'était délibérément privé de son no 1 Gaël Monfils, coupable à ses yeux d'avoir refusé l'obstacle en septembre dernier à Zadar lors de la demi-finale contre la Croatie. A Genève, le capitaine présentera une équipe qui ne comprendra que trois joueuses, Mladenovic, Cornet et Parmentier. «L'idée était de partir à cinq, avoue-t-il toutefois. Seulement sur ces cinq joueuses, il n'y en avait que trois qui étaient motivées...»

On le sait, Caroline Garcia et Océane Dodin ont décidé de privilégier leur carrière personnelle. «Je n'avais ni le temps et ni l'énergie pour les convaincre de changer d'avis, glisse-t-il. C'était trop de travail. C'était au-delà de mes forces!» Le capitaine se réserve toutefois le droit d'inclure d'ici vendredi une quatrième joueuse en la personne de la sparring-partner Amandine Hesse (WTA 210). «Seulement si l'une de mes trois joueuses ne se sent pas bien, glisse-t-il. Mais pour l'instant, elles semblent vraiment en parfaite condition.»

«Vivre une grande aventure humaine»

Avec son staff qui comprend la championne de Roland-Garros 2000 Mary Pierce et l'ancien coach de Cédric Pioline Pierre Cherret, Yannick Noah s'apprête à «vivre une grande aventure humaine». «J'ai déjà remarqué une grande solidarité et une belle camaraderie à l'entraînement, dit-il. Tout ce que j'aime. Je redoute l'équipe de Suisse comme je redoute tous les adversaires. Mais nous aussi, nous avons des arguments. Seulement pour gagner dimanche, il faudra donner le meilleur de nous-mêmes.» (nxp/ats)

(NewsXpress)

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