Actualisé 29.08.2011 à 09:31

JaponNoda promis au poste de premier ministre

L'actuel ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, partisan de la rigueur budgétaire, a été élu lundi président du Parti Démocrate du Japon (PDJ, au pouvoir).

Le ministre des Finances japonais va être nommé mardi premier ministre par le parlement, soit le sixième chef de gouvernement en cinq ans.

Au deuxième tour du scrutin, M. Noda, 54 ans, a obtenu 215 voix face au ministre de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, Banri Kaieda, 62 ans. Celui-ci a été crédité de 177 suffrages sur les 392 exprimés par les parlementaires du PDJ (centre-gauche) pour désigner leur président. Cinq candidats étaient en lice.

Le ministre des Finances a bénéficié du report des voix des trois autres candidats qui concouraient pour la présidence du PDJ: l'ex-ministre des Affaires étrangères, Seiji Maehara, le ministre de l'Agriculture, Michihiko Kano, et l'ancien ministre des Transports, Sumio Mabuchi.

Au Japon, le président du parti au pouvoir, qui contrôle la toute- puissante Chambre des députés, est assuré d'être élu premier ministre par le parlement. Dans son premier discours, le vainqueur a déclaré qu'il souhaitait obtenir le soutien de tout le parti pour relever les défis actuels du Japon, traumatisé par le séisme et le tsunami du 11 mars.

Unité

«Pour résoudre le problème de (la centrale nucléaire de) Fukushima, reconstruire la région dévastée, lutter contre le yen cher et la déflation, il faut que tout le monde avance dans le même sens», a dit M. Noda. «Je considère que chacun de vous est indispensable et vais sans tarder créer un environnement dans lequel tout le monde va travailler en commun pour le bien du peuple», a-t- il ajouté.

Son adversaire, M. Kaieda, propulsé avant le scrutin en position de favori grâce au soutien du vétéran du parti, Ichiro Ozawa, 69 ans, et de son allié, l'ex-premier ministre Yukio Hatoyama, était arrivé largement en tête du premier tour avec 143 voix contre 102 à M. Noda.

Candidat des marchés

Mais la mauvaise image de M. Ozawa, inculpé dans une affaire de financement occulte et suspendu de ses fonctions au sein du PDJ depuis février, a poussé les autres candidats à se reporter sur le ministre des Finances. Yoshihiko Noda était en outre le candidat préféré des marchés financiers, après ses promesses de réformes douloureuses pour s'attaquer au problème de la dette, abyssale.

M. Noda, le sixième chef de gouvernement nippon en cinq ans, hérite d'un yen fort, défavorable aux exportations, et devra jeter les bases d'une nouvelle politique énergétique tout en continuant de faire face à la crise nucléaire dans la région de Fukushima. La reconstruction du nord du pays ne fait que commencer et la centrale de Fukushima-Daiichi n'est toujours pas à l'arrêt à froid.

Grande coalition?

Le nouveau chef du gouvernement japonais doit également trouver l'appui de l'opposition, qui contrôle la chambre haute et peut bloquer des lois. Il a déjà évoqué la possibilité de former «une grande coalition», proposition qui a reçu un accueil mitigé de la part des deux plus grands groupes d'opposition.

Mercredi dernier, l'agence de notation Moody's a abaissé la note de crédit du Japon, ramenée à Aa3, qui accroît un peu plus la pression sur les finances de la troisième économie de la planète.

Aucun premier ministre japonais n'est resté plus d'un an au pouvoir depuis 2006. L'actuel premier ministre Naoto Kan a démissionné en raison des critiques sur sa gestion du séisme et du tsunami de mars dernier et de l'accident à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. (ats)

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