Wimbledon: Nom: Kyrgios. Profession: vendeur de rêve
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WimbledonNom: Kyrgios. Profession: vendeur de rêve

L'Australien s'est qualifié pour les 8es de finale de Wimbledon en sortant le Canadien Milos Raonic. Et en livrant une prestation en tous points géniale.

par
Grégory Beaud
Londres
L'Australien fait le show sur et en dehors du court.

L'Australien fait le show sur et en dehors du court.

Vainqueur 5-7 7-5 7-6 6-3 du No 8 mondial, Nick Kyrgios a épaté son monde. Mais, surtout, il a su allier l'utile - gagner son match - à l'agréable - faire rêver le court No 2. Durant la totalité de son affrontement avec le Canadien, la tête de série No 26 a alterné les coups de génie, les coups de sang et les coups foireux tel un métronome. Capable de passer d'un passing en bout de course à un coup improvisé entre les jambes, le natif de Canberra a sans cesse déstabilisé son adversaire.

Pas qu'un fantasque

Toutes ses tentative n'ont certes pas été couronnées de succès, mais le cogneur de 20 ans a suffisamment de confiance en lui pour passer outre un coup fantaisiste qui termine sa course dans le public. Entre la théâtralité de ses expressions et ses nombreuses discussions avec le public, l'arbitre, les balles et le filet, Nick Kyrgios pourrait donner l'impression de perdre de l'influx. Il n'en est rien. «Je sais aussi rester focalisé sur mon jeu, a-t-il souri. Lorsque j'ai dû servir pour le match, cela s'est d'ailleurs très bien passé. Mais pour moi c'est important d'avoir du plaisir. Et je ne perds pas ma concentration en discutant avec un spectateur. Au contraire, ça m'aide.»

Mais Nick Kyrgios n'est pas seulement un joueur fantasque, un boute-en-train prompt à faire ses valises lorsque les gros bras sont de sortie. Quart de finaliste à Wimbledon en 2014 et à Melbourne en 2015, il est devenu l'égal de Roger Federer, seul double quart de finaliste en Grand Chelem avant son 20e anniversaire. Pour son retour à Church Road, l'Australien a des ambitions plein la tête. «Ici, c'est simple, je ne crains personne, a-t-il admis. Si je continue de bien servir et de rester agressif, j'aurai toujours des chances de gagner le match. Gagner? Je ne réfléchis pas aussi loin. Mais j'ai mes chances.»

Comme Federer

A 20 ans, Nick Kyrgios incarne sans conteste le tennis de demain. Mais, depuis peu, il s'est départi de son statut d'espoir pour devenir un sérieux contradicteur. A Wimbledon, où il s'est révélé au grand public en 2014, il compte bien ne pas s'arrêter là. Au prochain tour, il se frottera à Richard Gasquet. Le Français est également très en jambes depuis le début du tournoi. En 2014, Kyrgios avait éliminé le joueur de Béziers alors que celui-ci menait 2 sets 0. Pire, Gasquet avait galvaudé 9 balles de match. «C'était un match terriblement dur, a admis Kyrgios. Mais je suis convaincu qu'aujourd'hui je joue mieux qu'en 2014.» Voilà Gasquet prévenu.

Lundi, Kyrgios devrait à nouveau jouir de la sympathie de tout le monde. Ce vendredi, sur le court No 2, tout le monde n'avait d'yeux que pour le prodige australien. Un soutien inconditionnel bien mérité pour celui qui détonne dans un tennis parfois un rien trop aseptisé. «C'est génial, si mon jeu et mon attitude fait que des gens aiment regarder notre sport, a-t-il apprécié. J'aime voir des joueurs proposer autre chose que juste un match de tennis. C'est une bonne publicité de ne pas avoir deux robots qui se renvoient la balle.»

Djokovic renvoie Tomic à ses études

Le N.1 mondial et tenant du titre Novak Djokovic a écoeuré le talent australien Bernard Tomic, 26e, en trois sets (6-3, 6-3, 6-3) et 1h31 de jeu. Le champion serbe s'invite pour la septième année consécutive en seconde semaine du prestigieux tournoi du «All-England club». Djokovic vise la passe de trois à Wimbledon où il avait été titré une première fois en 2011. Il affrontera le serveur sud-africain Kevin Anderson, tête de série N.14, pour une place en quarts de finale.

(afp)

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