Actualisé 13.01.2019 à 13:46

Pédopornographie en Suisse

Nombre record de cas transmis par le FBI

En 2018, la Suisse a reçu du FBI environ 9000 annonces de cas potentiels de pédopornographie sur le Net.

La Suisse reçoit depuis 2014 les annonces du FBI.

La Suisse reçoit depuis 2014 les annonces du FBI.

Keystone/Photo d'illustration

Le FBI a signalé l'an dernier à la Suisse environ 9000 cas présumés de pédopornographie, un record. Après analyse, l'Office fédéral de la police (fedpol) en a transmis moins de 10% aux autorités cantonales concernées.

En 2018, la Suisse a reçu du service fédéral de police américain FBI environ 9000 annonces de cas potentiels de pédopornographie sur internet, a indiqué dimanche à Keystone-ATS Cathy Maret, cheffe de la communication de fedpol, confirmant une information de la NZZ am Sonntag.

Il s'agit de personnes vivant en Suisse soupçonnées d'avoir téléchargé de la pornographie infantile sur ou depuis leur ordinateur via des fournisseurs d'accès internet américains.

«La consommation sur internet augmente»

La Suisse reçoit depuis 2014 les annonces des providers américains qui sont obligés de dénoncer aux autorités les cas présumés de pédopornographie. Cette année-là, le FBI avait transmis 484 annonces à la Suisse, une année plus tard plus de 2000. Ce chiffre n'a cessé de croître pour s'établir à 5404 en 2017 puis 9000 en 2018.

«Cette hausse ne veut pas nécessairement dire qu'il y a de plus en plus de pédocriminels, précise Cathy Maret. Les spécialistes pensent que le nombre de pédocriminels dans la population est plus ou moins stable. C'est la consommation sur internet qui augmente». De plus, les providers annoncent davantage de cas au FBI.

Filtre large

Les filtres qu'ils utilisent sont larges et entraînent «beaucoup de déchets», poursuit Cathy Maret. Et d'expliquer que sur les quelque 9000 annonces reçues l'an passé, fedpol en a transmis après analyse moins de 10% aux autorités cantonales compétentes.

Fedpol transmet également des annonces aux cantons sur la base de ses propres recherches. Pour ce faire, elle utilise des enquêtes sous couverture, mais aussi le logiciel P2PScan développé par Action Innocence. Ce logiciel permet de scanner les réseaux peer to peer afin d'identifier les utilisateurs qui téléchargent et partagent des contenus à caractère pédosexuel, explique fedpol sur son site.

Fedpol ne dispose pas encore de statistique finalisée sur le nombre d'annonces transmises en 2018, indique Mme Maret. En 2017, l'instance fédérale en a fait parvenir 150 aux cantons, 149 un an plus tôt. La majorité des annonces relayées par fedpol concerne toutefois l'étranger: 847 cas en 2017, 599 en 2016. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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