Actualisé 01.05.2011 à 19:48

SyrieNombreuses arrestations dans plusieurs villes

En Syrie, l'armée a procédé dimanche à de nombreuses arrestations. Les opposants ont de leur côté appelé à de nouvelles manifestations pour la levée du siège.

L'armée syrienne assiège la ville de Deraa depuis une semaine.

L'armée syrienne assiège la ville de Deraa depuis une semaine.

L'armée et les forces de sécurité syriennes ont procédé dimanche à de nombreuses arrestations dans plusieurs villes de Syrie. De leur côté, les opposants ont appelé à des manifestations dans le pays pour la «levée du siège».

«Au moins 365 personnes ont été arrêtées aujourd'hui (dimanche) dans le pays notamment à Deraa, Douma, Lattaquié et Qamishli», a déclaré un militant sous couvert de l'anonymat.

A Deraa, épicentre de la contestation à 100 km au sud de Damas, encerclé depuis une semaine, «depuis tôt ce matin, appuyés par des tanks et des voitures blindées, ils vont d'un quartier à l'autre, pénétrant dans les maisons et arrêtant à chaque fois une ou deux personnes», a affirmé Abdallah Abizad, un militant des droits de l'homme.

«Tous les hommes âgés de plus de 15 ans peuvent être arrêtés», a- t-il ajouté. Des francs-tireurs font feu «sur tout ce qui bouge», empêchant les habitants de récupérer «six corps dans la rue depuis vendredi». «Il y a aussi des blessés que nous ne pouvons secourir», a-t-il ajouté.

«Ils arrêtent les gens au hasard, les interrogent, les menacent, puis les relâchent pour en arrêter d'autres. L'idée, c'est de les terroriser», selon un autre militant. «Il n'y a ni eau, ni nourriture, ni électricité. (...) La situation est critique mais ce n'est pas la famine», a assuré ce militant.

Douma

A Douma, autre foyer de la contestation à 15 km au nord de Damas, «l'armée a renforcé le siège et possède une liste de 200 personnes qu'elle veut capturer», a assuré un autre militant sous couvert de l'anonymat.

«Il semble qu»elle ne quittera pas la ville avant de les avoir arrêtées», a-t-indiqué, faisant état de «heurts intermittents entre résidents et forces de sécurité».

«Les gens ont peur de quitter leur maison. On manque de nourriture, de lait pour bébé et d'autres aliments de base», bien que de nombreux habitants peuvent compter sur le produit de leurs fermes, selon un habitant.

Blessés à Homs

Par ailleurs, des manifestations appelant à la chute du régime ont eu lieu dimanche à Homs, à 160 km au nord de Damas, et à Lattaquié, à 340 km au nord ouest de la capitale.

Selon un témoin à Homs, «les forces de sécurité ont tiré en direction de la foule pour disperser des milliers de personnes». «Il y a eu des blessés mais leur nombre n'est pas connu», a-t-il précisé.

Selon Wissam Tarif, directeur de l'organisation des droits de l'Homme «Insan», «il y a eu 2.130 arrestations vérifiées depuis le 15 mars mais ce chiffre pourrait dépasser les 5.000».

Trois Egyptiens, sept Libanais, trois Européens et un Algérien, en majorité des journaliste entrés sans autorisation de travail, sont par ailleurs détenus, d'après «Insan».

Plus de 600 mort au total

Depuis le début de la révolte, 607 personnes, dont 451 à Deraa et dans les villages environnants, ont été tuées, selon cette organisation.

Sous le slogan «la semaine de la levée du siège», les «jeunes de la révolution syrienne 2011» ont annoncé des manifestations, dimanche à Deraa et Douma, lundi dans les environs de Damas, mardi à Banias et Jeblah (nord-ouest), et mercredi à Homs, Talbiseh (centre) et Tal Kalakh, à la frontière avec le Liban.

Sit-in nocturnes

Jeudi, les contestataires entendent organiser des «sit-in nocturnes» dans toutes les villes. «La liberté approche inexorablement (...). Ce peuple qui a sacrifié ses jeunes pour la liberté l'obtiendra prochainement», ont-ils annoncé.

Plusieurs groupes syriens de défense des droits humains ont fait état de l'arrestation samedi de deux figures de l'opposition de gauche, Hassan Ismail Abdel Azim, presque octogénaire, et Omar Kachach, 85 ans.

Réactions à l'étranger

En Grande-Bretagne, le Premier ministre David Cameron a dénoncé une «situation inacceptable», accusant le régime syrien de tuer ses citoyens, tout en soulignant les «différences» avec la Libye, où l'OTAN procède à des frappes aériennes.

La Turquie, influent acteur régional, a elle affiché son opposition à une intervention étrangère en Syrie, au moment où le pays se préparait à une éventuelle vague de réfugiés de son pays voisin.

(ap)

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