Actualisé 29.09.2016 à 07:56

Vaud

Non à la mendicité: et après?

Une loi interdira bientôt de tendre la main dans tout le canton. Forcée de s'y plier, Lausanne sera attendue au tournant.

de
Francesco Brienza
Linitiative qui visait à abolir la manche a été adoptée mardi par les élus du Grand conseil vaudois.

Linitiative qui visait à abolir la manche a été adoptée mardi par les élus du Grand conseil vaudois.

photo: Keystone/Dominic Favre

Passé l'effet de surprise, il est déjà temps de plancher sur la mise en œuvre de l'interdiction générale de la mendicité, votée mardi par les députés du Grand conseil vaudois. La Municipalité de Lausanne se réunit aujourd'hui pour évoquer les pistes à sa disposition. Elle sait bien que tous les regards sont braqués sur elle, puisque le texte lui a été écrit quasiment sur mesure. Exit donc le règlement municipal qui réglementait mais tolérait la manche. «Notre modèle avait ses avantages, a réagi hier le chef de la Sécurité publique Pierre-Antoine Hildbrand. Mais nous n'avons aucune marge de manœuvre: nous appliquerons la loi.» L'UDC y veillera attentivement, elle qui a lancé l'initiative qui a abouti à la loi. «Nous verrons bien si la Municipalité joue le jeu, prévient son député Philippe Ducommun. Mais une interdiction est une interdiction. Il faudra contrôler les mendiants et leur expliquer que tendre la main n'est plus autorisé. A force, ils ne viendront plus.»

D'autres élus rappellent toutefois qu'à Genève, où la mendicité est interdite depuis 2008, le problème n'a pas disparu. «C'est un cafouillage administratif et les amendes dressées restent lettres mortes», note le socialiste Denis-Olivier Maillefer. Contactée, la présidente de l'association Opre Rrom, qui soutient la communauté rom, se dit «attristée que l'exception lausannoise, pourtant minimale, se transforme en alignement sur une politique suisse essentiellement répressive vis à vis des populations roms». Véra Tchérémissinoff précise toutefois que le vote s'est joué de peu: «Nous réfléchirons sur ce qui peut être encore fait.» Et la Lausannoise de rappeler que les Roms ont fait leur apparition dans le canton il y a 10 ans. «Nous pouvons mesurer combien il est difficile de lutter (pour nous, mais surtout pour eux) contre une désinformation perpétuelle les faisant passer pour de faux pauvres, voire des mafieux, des exploiteurs, et j'en passe», ajoute-t-elle. Il n'existe ici aucune volonté politique d'améliorer leur situation.» La loi contre la mendicité pourrait entrer en vigueur cette année encore, sous réserve d'un éventuel référendum.

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