Actualisé 27.04.2020 à 15:40

Genève

Non, acheter un vélo en magasin n'est pas possible

Les magasins de bricolage ont rouvert lundi, certains ont laissé tous leurs rayons accessibles, y compris ce qui était interdit.

de
Maria Pineiro
Keystone/Salvatore di Nolfi

Lundi, la réouverture des jardineries et des magasins de bricolage a attiré de nombreux chalands dans les rayons. Un commerce a été épinglé par des professionnels pour avoir permis l'achat de vélos. Cette entorse a provoqué l'ire de vélocistes, dont seuls les ateliers peuvent fonctionner jusqu'à présent.

Ainsi Pascal Vellas, le patron du New bike store à Genève, a-t-il appris dans la matinée par un de ses fournisseurs, photos à l'appui, que Jumbo vendait des deux-roues. «Nous nous doutions qu'il y avait un risque à ce niveau. Mon fournisseur a constaté que des clients repartaient avec des vélos», s'insurge celui qui ne peut plus recevoir de clients dans son commerce depuis mi-mars. Contactée, l'enseigne genevoise confirme avoir vendu des bicyclettes, en libre-service. A savoir, sans conseils de vendeur.

Pascal Vellas s'en est offusqué sur les réseaux sociaux, qualifiant le procédé de «concurrence déloyale». En effet, depuis mi-mars, les magasins de cycles ne peuvent plus vendre d'engins sur place. «Avec le beau temps de ces dernières semaines, nous aurions cartonné», affirme-t-il. Laurent Paoliello, porte-parole du Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé, confirme que la pratique de Jumbo est illégale. «Les magasins de bricolage ne peuvent pas laisser l'accès du rayon vélo à leurs clients et encore moins les vendre.» Il indique que les autorités ont été mises au courant du cas et vont procéder à des vérifications. Du côté de Jumbo, on plaide la bonne foi. «Il n'y a pas de directive qui interdit la vente de vélos dans nos magasins, explique Fabian Rauber, chef du marketing. Nous sommes en train de nous renseigner et nous nous plierons évidemment aux ordonnances fédérales. Il n'est pas dans notre intention de faire de la concurrence déloyale aux petits commerçants.»

Pour ce qui est des magasins spécialisés, ils ont pu garder leurs «ateliers ouverts et livrer les vélos déjà commandés,» précise Pascal Vellas. Certains clients ont tout de même acheté des deux-roues via internet, sans contact physique avec un vendeur. «Nous avons dû mettre de nouveaux outils internet en place rapidement et avons vendu des vélos par ce biais. Nous nous en sortons mieux qu'attendu», conclut-il.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!