Actualisé 07.04.2020 à 15:22

Le virus des fake newsNon, cette carte n'indique pas la fin du confinement

Les fausses informations circulent rapidement sur les réseaux sociaux. D'autant plus en période de pandémie de coronavirus. «20 minutes» vous en liste quelques unes.

Depuis le début de la crise du coronavirus, de nombreux lecteurs nous contactent après avoir reçu des messages via Whatsapp, Facebook ou d'autres réseaux sociaux. «Est-ce que cette histoire est vraie?», «Pourquoi n'en parlez vous pas?» ou encore «Il faudrait dire aux gens que c'est une fake news», nous disent nos lecteurs. Ici, on vous démêle le vrai du faux.

Non, cette carte ne montre pas le calendrier du déconfinement en France

Depuis ce lundi 6 avril, les internautes partagent avec enthousiasme une carte colorée de la France, divisée par zones territoriales. Ce document est censé montrer le calendrier de déconfinement «en trois étapes» dans le pays. Trois dates y figurent: le 4, le 11 et le 18 mai selon les régions. Bien que les logos des ministères français de l'Intérieur, de la Santé et de la Défense figurent dans certaines versions de cette carte, il s'agit d'un faux document, écrit 20minutes.fr. Cyril Hanouna a relayé cette fausse information en direct dans son émission, tout en précisant qu'il ignorait si c'était «du lard ou du cochon».

En parallèle, la préfecture de la région Hauts-de-France et du Nord démentait cette information.

Non, 100% des Islandais n'ont pas été testés

Plusieurs messages postés sur Twitter cette semaine affirment que l'Islande a dépisté, ou est en mesure de dépister, toute sa population au Covid-19. C'est faux. En réalité, à ce jour 3,5% de la population a été testée selon le gouvernement. L'Islande procède à un dépistage massif en proposant en moyenne 582 tests chaque jour depuis la mi-mars. Mais à ce rythme, il faudrait plus d'un an et demi pour tester l'ensemble des habitants.

Non, la patinoire de Mulhouse n'a pas été transformée en morgue

De nombreuses publications sur les réseaux sociaux affirment que la patinoire de Mulhouse, ville dont la région est l'un des foyers majeurs du nouveau coronavirus en France, a été transformée en morgue pour accueillir les corps des personnes décédées. C'est faux, ont expliqué à l'AFP la mairie et le club de hockey des Scorpions de Mulhouse, qui s'entraîne habituellement à la patinoire.

Non, personne n'a jamais parlé de ce virus

Un étrange message de mise en garde a inonde les réseaux sociaux et particulièrement sur WhatsApp, jeudi. Il est question d'une dangereuse vidéo intitulée «Dance of the Dad»: elle contiendrait un virus qui effacerait les données de son téléphone si on l'ouvre. Faux: il s'agit d'une vieux hoax datant de 2015, qui parlait alors d'une vidéo intitulée «Dance of the Pope». Déjà repris et adapté en 2018, ce canular a été remis au goût du jour dans un contexte particulièrement tendu. Comme dans ses versions précédentes, ce message évoque une diffusion à la radio. Or, comme l'explique Franceinfo, aucune chaîne n'a jamais parlé de ce virus, si ce n'est pour expliquer qu'il s'agit d'un «fake».

Non, des hélicos ne vont pas vaporiser la Suisse

Dernière en date, depuis mercredi, de nombreux lecteurs nous ont fait parvenir une alerte qui circule en masse. Celle-ci avertit la population que «ce soir à 23h30» (sans préciser le jour) des hélicoptères vont survoler un lieu (sans préciser lequel) pour vaporiser du désinfectant. Il s'agit d'une fausse information de plus. Face à l'ampleur du nombre de partages, la police cantonale vaudoise a elle-même publié un démenti sur son compte Facebook.

Non, le coronavirus n'a pas été fabriqué en France

Dans une vidéo massivement partagée mercredi, un homme affirme que le nouveau coronavirus a été volontairement créé par l'institut Pasteur. Il brandit pour preuve un brevet, déposé en 2004 par l'institut Pasteur sous la référence EP1694829B1. Sur celui-ci figure l'inscription «Nouvelle souche de coronavirus associé au Sras et ses applications». l'Institut Pasteur a dû publier un communiqué pour démentir. C'est «une fake news tout à fait fantaisiste», balaie Olivier Schwartz, responsable de l'unité «virus et immunité» à l'Institut Pasteur. Si le brevet EP1694829B1 est authentique, il porte sur un virus différent du nouveau coronavirus détecté pour la première fois en Chine il y a quelques mois. «Il n'y a pas un coronavirus, il y en au moins 7», rappelle M. Schwartz.

Non, la France ne se prépare pas à la «troisième guerre mondiale»

Frissons d'effroi, lundi parmi les internautes français. Plusieurs vidéos montrant des camions militaires coincés dans une rue de Charenton (région parisienne) ont fait naître toutes sortes de théories et spéculations. «On dirait la troisième guerre mondiale», peut-on lire en légende d'un de ces tweets. Mais le convoi militaire immortalisé à Charenton n'avait rien à voir avec le coronavirus. Il s'agissait en fait d'un «mouvement logistique», a fait savoir un porte-parole du ministère des Armées.

«On dirait la troisième guerre mondiale»

Plusieurs vidéos montrant des véhicules militaires pris dans un embouteillage en région parisienne ont alimenté de fausses rumeurs sur les réseaux sociaux suspectant un déploiement de l'armée à cause du coronavirus.

Non, le coronavirus n'a pas été détecté à Bulle (FR) dès fin janvier

Un étudiant a voulu faire croire à ses camarades qu'un cas avéré de la maladie avait entraîné la fermeture de l'établissement dès fin janvier. Il a détourné un ancien mail du directeur et a ensuite retransmis l'image, qui s'est rapidement retrouvée sur tous les téléphones des élèves de l'établissement scolaire. On peut y lire, notamment: «Suite à un cas confirmé de porteur du coronavirus dans notre collège, nous avons pris la décision de suspendre les cours jusqu'à nouvel avis...» Il s'agissait d'un faux et l'étudiant à l'origine de la missive risque l'exclusion.

Non, cette vidéo ne montre pas l'origine du nouveau coronavirus

Ces images (ci-dessous) diffusées massivement au début de la crise en Chine se voulaient la preuve que l'appétence de certains chinois pour les animaux exotiques est à l'origine du nouveau coronavirus. Cette vidéo a en réalité été prise en 2016 dans l'archipel du Pacifique de Palau par un blogueur. Peu de médias ont par la suite relayé cette information.

Cette fake vidéo qui alimente la peur

Depuis l'annonce début janvier de l'apparition du nouveau coronavirus à Wuhan, les fausses informations ont envahi la toile et suscitent la peur. Comme cette vidéo fallacieuse d'une personne mangeant une chauve-souris.

(20 minutes)

Possibilité de plainte pénale

Le Code pénal suisse contient une section intitulée "Crimes ou délits contre la paix publique". Son premier article punit les menaces alarmant la population: "Celui qui aura jeté l'alarme dans la population par la menace ou l'annonce fallacieuse d'un danger pour la vie, la santé ou la propriété sera puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire."

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