Actualisé 23.01.2009 à 16:40

Bébés congelésNon-lieu retenu pour Jean-Louis Courjault

La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Orléans a confirmé vendredi l'ordonnance de non-lieu prononcée en faveur de Jean-Louis Courjault dans l'affaire dite des «bébés congelés».

Le parquet général d'Orléans avait fait appel du non-lieu prononcé le 12 mars dernier, expliquant à l'époque souhaiter assurer sur cette décision un double regard par une formation collégiale. L'affaire a été examinée par trois magistrats de la chambre de l'instruction.

«C'est un soulagement qui va me permettre de commencer une autre bagarre contre notamment des idées reçues. Les grossesses qui se passent mal existent», a déclaré Jean-Louis Courjault, lors d'une rencontre avec la presse dans le cabinet de Marc Morin, son avocat, à Tours.

En sanglot, il a déclaré: «quand j'ai appris la nouvelle, j'ai pensé à mes enfants». «Il faut que je reconstruise cette famille qui vit dans le chaos. Il va falloir que je m'occupe de ma femme pour préparer le procès. Je la vois régulièrement pour essayer de la soutenir, pour essayer de comprendre ce qui s'est passé», a-t-il ajouté. Pour Jean-Michel Ducros, chargé de la communication générale au parquet d'Orléans, «cet arrêt remplit l'objectif que le parquet général s'était fixé et qui était de fermer toutes les portes après avoir exploité toutes les pistes».

«J'ai toujours eu confiance en la justice et je pense que j'ai eu raison d'avoir confiance en elle, c'est vrai que la bataille a été difficile», a déclaré Jean-Louis Courjault. Selon lui, il faut «que la société avance. Son jugement sur ces femmes-là doit être différent». «Il faut essayer de comprendre», a-t-il souhaité avant de se rendre à la maison d'arrêt d'Orléans pour voir sa femme Véronique.

Lors du point avec la presse, l'avocat de Jean-Louis Courjault, Marc Morin, a précisé que dans ce dossier «l'indépendance du juge d'instruction a été primordiale». «S'il n'y avait eu que le parquet général, Jean-Louis Courjault n'aurait pas été innocenté», a-t-il estimé.

Pour Béatrice, la soeur de Jean-Louis Courjault, «une grave injustice vient d'être évitée». Enfin mon frère est reconnu innocent. Un non-lieu n'est pas un acquittement après un procès d'assises».

Le 12 mars, la juge d'instruction Marie-Dominique Boulard-Paolini a renvoyé Véronique Courjault devant la cour d'assises pour «assassinats», tout en ordonnant un non-lieu pour son époux.

Jean-Louis Courjault avait été mis en examen pour «complicité d'assassinats» le 12 octobre 2006 et laissé en liberté. Son épouse, Véronique, avait été mise en examen et écrouée le même jour pour «assassinats». Elle a avoué avoir étouffé deux bébés nés de manière clandestine en 2002 et 2003 à Séoul et dont les corps ont été découverts en juillet 2006 par son mari dans le congélateur du domicile familial.

Mme Courjault a aussi avoué avoir, en août 1999 à Villeneuve-la-Comtesse (Charente-Maritime), accouché clandestinement d'un nouveau-né, né viable, qu'elle a ensuite dit avoir étranglé avant de le brûler dans la cheminée de la maison qu'elle occupait avec son époux. Ce dernier a toujours affirmé ne rien avoir su des grossesses de sa femme. AP

xpan/sb (ap)

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