Euro 2016: Non, Xherdan Shaqiri n'est pas surcoté
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Euro 2016Non, Xherdan Shaqiri n'est pas surcoté

Après son départ du Bayern Munich et un passage raté à l'Inter Milan, l'ailier a mis du temps à s'imposer à Stoke City. Mais il reste le principal atout offensif suisse.

par
Robin Carrel
Vienne
A 24 ans, Shaqiri (ici avec son sélectionneur Petkovic) compte déjà la bagatelle de 50 sélections.

A 24 ans, Shaqiri (ici avec son sélectionneur Petkovic) compte déjà la bagatelle de 50 sélections.

Keystone/Alessandro Della Valle

Depuis quelques mois, la vie de l'un des meilleurs footballeurs suisses actuels est loin d'être un long fleuve tranquille. Xherdan Shaqiri n'a pas réussi à s'imposer en Italie, où il était parti pour trouver un temps de jeu qui n'est finalement jamais venu. Cinquième roue du carrosse sur les ailes du Bayern Munich auparavant, il n'a pas réussi son pari en Serie A et s'est exilé en Angleterre l'été dernier.

Il a fallu un match plein le week-end dernier contre un Chelsea bien malade pour enfin faire taire des critiques qui étaient devenues assourdissantes. «Bien sûr que ça me fait plaisir d'avoir réalisé une bonne performance, a-t-il avoué cette semaine sur les rives du Lac de Zurich. Mais le plus important, pour moi, est d'avoir pu aider l'équipe.»

Cet été, les remarques désobligeantes sont venues d'un peu partout. C'est l'ancien Bâlois David Degen, aujourd'hui retraité, qui avait sans doute eu les mots les plus forts au terme du dernier mercato. Selon l'ancien ailier du Borussia Mönchengladbach et des Young Boys, Stoke City est un club «au milieu de nulle part en Angleterre» et «pour joueurs gravement inadaptés». Degen a aussi critiqué Erdin Shaqiri, le frère Xherdan, qui est également son manager: «Il connaît le football à peu près aussi bien que moi les claquettes! Son incapacité fait du tort à son frère.»

Le plus cher de l'histoire de Stoke

A Stoke City, au Centre-Est de l'Angleterre, une ville bien éloignée des fastes de Giuseppe Meazza à Milan et de l'Allianz Arena de Munich, Shaqiri a au moins tout le loisir de se concentrer sur son jeu. Même si les premiers mois ont été durs et que beaucoup ont dit de manière un peu précipitée qu'il était la «pire signature de l'histoire» d'un club où évolue tout de même un certain Peter Crouch... Assumer d'être le transfert le plus onéreux (environ 20 millions de francs) jamais réalisé par une équipe n'est pas donné à tout le monde.

Le Suisse, lui, fait mine de ne pas s'être pris la tête avec tout ça: «Ca se passe bien. Je me sens vraiment mieux. Il a fallu s'adapter à l'équipe et au championnat... Physiquement, tout va bien également, même si le 'kick and rush' pratiqué peut être épuisant. La Premier League est un championnat difficile. Je l'aime bien, mais il a aussi fallu un certain temps pour me mettre dans le rythme.»

Des titres à la pelle

Il convient tout de même de rappeler le pedigree de cet homme, que les Suisses ont appris à connaître il y a plus de six ans. Depuis sa première apparition en Super League le 12 juillet 2009, Shaqiri a raflé un nombre de titres impressionnant: trois fois champion de Suisse et deux Coupes nationales, ainsi que trois sacres en Bundesliga et une Champions League avec le Bayern. Le tonique ailier a également été vice-champion d'Europe des M21 avec la Suisse, participera à son troisième grand tournoi international l'été prochain et compte déjà 50 sélections avec la Nati. Qui peut en dire autant à simplement 24 ans?

Le lutin de Zhegër, après avoir manqué de temps de jeu et été ballotté de bancs en bancs, a bien droit à une période d'adaptation après avoir connu son quatrième championnat en un peu plus de trois ans. A Stoke-on-Trent, dans le Staffordshire, il a rejoint une équipe qui reste sur deux neuvièmes places en Championnat. Jamais la formation aujourd'hui dirigée par le légendaire Mark Hughes – passé par Manchester United, le Bayern Munich et le FC Barcelone en tant que joueur... – n'avait si bien paru au cours de son histoire. Comme sa nouvelle formation, Shaqiri n'en a pas fini de grandir. Enfin, pas dans tous les sens de ce mot, c'est vrai.

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