Actualisé 11.12.2011 à 22:13

Dictature au Panama

Noriega ne jouira d'aucun privilège

L'ex-dictateur Manuel Noriega sera traité comme toute personne condamnée et comme les autres détenus, a assuré le président panaméen.

Le président panaméen Ricardo Martinelli a estimé que l'ex-dictateur Manuel Noriega, qui doit arriver dimanche au Panama après avoir été extradé de France, devait être emprisonné, sans jouir d'aucun privilège, en raison de tout le «mal» qu'il a fait.

«Ici nous respectons ce que dit notre système judiciaire. Monsieur Noriega doit venir accomplir sa peine au Panama, va aller en prison comme toute personne condamnée, et sans aucun privilège», a déclaré devant la presse M. Martinelli.

«Ce que nous sommes en train de faire, c'est d'appliquer la loi, rien de plus, il doit payer pour toutes les peines, tout le mal, toute l'horreur, toute l'opprobre, toutes les morts et toutes les agressions contre le gouvernement panaméen dont il s'est rendu coupable pendant de nombreuses années», a-t-il ajouté.

Cellule individuelle

Le président panaméen avait déjà déclaré vendredi que Manuel Noriega, 77 ans, qui a dirigé le Panama d'une main de fer entre 1983 et sa destitution en décembre 1989 par les Etats-Unis, ses anciens alliés, irait «directement en prison» après son arrivée au Panama.

Mais l'ex-dictateur pourrait demander à être assigné à résidence en vertu d'une loi qui autorise les condamnés de plus de 70 ans à demander à purger leur peine à domicile.

En prison, il doit être détenu dans une cellule «individuelle» et «simple», disposant de ses propres sanitaires, selon la ministre panaméenne de l'Intérieur, Roxana Mendez.

Mêmes conditions

Manuel Noriega sera traité «dans les mêmes conditions que les autres (détenus) du centre de détention d'El Renacer», situé dans le nord-ouest de la capitale, Panama, a assuré la ministre, alors que plusieurs proches de victimes de la dictature ont dit craindre qu'il ne bénéficie d'un traitement de faveur.

Le directeur de l'Administration pénitentiaire, Angel Calderon, a toutefois précisé que les mesures de sécurité seraient «renforcées» et qu'il serait «isolé» des autres détenus.

Manuel Noriega a quitté dimanche la France, où il était détenu depuis 2010 après 20 ans de prison aux Etats-Unis pour trafic de drogue, afin d'être extradé vers son pays, où il devrait purger trois peines de 20 ans de prison pour des disparitions d'opposants. Les autorités souhaitent le juger pour d'autres exactions commises sous son régime, marqué par de multiples violations des droits de l'Homme. (afp)

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