Stephan Eicher: «Normalement, je ne suis pas un fan des festivals»
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Stephan Eicher«Normalement, je ne suis pas un fan des festivals»

Il est rare de voir Stephan Eicher en open air. Mais il adore Festi'neuch. Le chanteur explique pourquoi il se réjouit de chanter à Neuchâtel les 1er et 2 juin 2013.

par
Julien Delafontaine
Le musicien bernois cartonne en ce moment avec son dernier disque «L'envolée».

Le musicien bernois cartonne en ce moment avec son dernier disque «L'envolée».

Stephan Eicher, que réservez-vous au public neuchâtelois?

Pour le samedi soir, je vais proposer un spectacle assez théâtral. Je chanterai les chansons de mon dernier disque «L'envolée» et les inévitables de mon répertoire. Avec mon groupe, on a mis au goût du jour mes anciens titres afin qu'ils collent au mieux avec les nouveaux. Cela donne vraiment une nouvelle dimension à mes tubes.

Votre groupe se compose de combien de personnes?

Quatre. Il y a Hank Shizzoe à la guitare, Simon Baumann à la batterie, Baptiste Germser à la basse et Michael Flury au trombone.

Vous serez peu nombreux sur scène par rapport à Rock Oz'Arènes en 2011!

Cela n'a rien à voir. Quand je n'ai pas d'album, pas d'actualité, je tourne avec The Lost & Found Orchestra. On fait un concert très orchestré avec des cordes, des cuivres et on accueille plein d'invités, comme Heidi Happy, etc... Là on joue depuis décembre 2012 «L'envolée» presque chaque jour. Comme des sportifs en pleine course, on est dans le rythme avec ce disque. Par ailleurs, on joue debout alors qu'avec l'Orchestra on se produit assis.

Vous avez déjà chanté à Festi'neuch...

En 2008, j'avais fait un concert avec ma tournée «Eldorado». J'avais pris énormément de plaisir alors que je ne suis pas un grand fan de festival normalement. A Festi'neuch, j'ai adoré le respect du public pour la musique. C'est vraiment un grand souvenir pour moi. C'est aussi pour cela que j'ai accepté l'invitation de Goran Bregovi.

Le compositeur serbo-croate présentera son album «Champagne For Gypsies» dimanche 2 juin 2013 à Festi'neuch. Vous allez donc le rejoindre sur scène?

On se connait bien. J'ai chanté sur son dernier disque. Quand je suis libre, je participe aussi, de temps en temps, à ses spectacles. Quand Goran a su que je me produisais à Festi'neuch, il m'a demandé si je voulais le rejoindre sur scène pour quelques titres. Je lui ai dit que ça pourrait être marrant. Du coup, je dors une nuit de plus à Neuchâtel.

Pourquoi n'êtes-vous pas fan des festivals?

C'est une question de concentration. Les endroits qui me conviennent le plus sont les théâtres. Avec leurs scènes, on peut vraiment jouer avec les lumières. En plus, ils sont conçus pour délivrer un bon son. Avec les festivals, on ne sait jamais. Par contre, j'adore l'aspect «rassembleur de communauté» des festivals.

En festival, le public attend forcément que vous chantiez vos hits. N'est-ce pas fatiguant?

Ce n'est plus le cas. J'ai eu une phase, quand le grand succès est arrivé, où comme une chèvre j'avais envie de manger de l'herbe là ou elle était inaccessible. J'avais envie de chanter et faire découvrir exclusivement mes nouveautés. Mais avec le temps, je me suis rendu compte que c'était une erreur. Des titres comme «Combien de temps» ou «Déjeuner en paix» ont atteint une telle dimension qu'ils sont devenus plus grands que moi. Ils sont devenus populaires, ils appartiennent aux gens et n'ai pas le droit de les priver de leurs interprétations. Aujourd'hui, c'est devenu un plaisir de jouer trois notes de «Déjeuner en paix» d'entendre le public chanter avant même que je commence.

Comment expliquez-vous votre popularité, 30 ans après vos premiers succès?

Je n'ai pas trop analysé la chose. Peut-être car j'adore prendre des risques, sur mes albums et sur scène. Mais c'est vous le journaliste et c'est à vous de réfléchir à cela. Moi, je suis juste content de faire ce métier depuis 30 ans. Content que les gens continuent à s'intéresser à moi. Ma chance est peut être de pouvoir compter sur un public qui est curieux de connaître mon futur. Mais, franchement, c'est toujours difficile d'expliquer quelque chose qui est bien comme il est.

Dans votre carrière, avez-vous connu des périodes moins roses?

J'ai la mémoire d'un poisson rouge pour les mauvaises périodes. Je ne m'en souviens pas. Une chose est certaine: dans ce métier, il faut croire à ce que tu fais et ne jamais baisser les bras. Après les disques «Engelberg» et «Carcassonne», qui se sont énormément vendus en très peu de temps, j'ai sorti «1000 vies» en 1996. Il a eu moins de succès. A ce moment là, de nombreuses personnes ont dit que j'étais fini. Regarde, avec le temps, ce même «1000 vies» a conquis un autre public et est devenu aujourd'hui l'un de mes disques le plus vendu.

Stephan Eicher: Concert solo, samedi 1er juin 2013, dès 22h45, Chapiteau. En featuring avec Goran Bregovic, dimanche 2 juin 2013, dès 20h30, Chapiteau.

Festi'neuch

Du 30 mai au 2 juin 2013, Jeunes-Rives, Neuchâtel. Info: www.festineuch.ch

Vendredi 31 mai 2013, dès 16h. (prix: 75fr.): Klaxons, Boys Noize, Fauve, La Femme, Vitalic VTLZR, Psy4 de la Rime, Michigang, Sébastien Tellier, Heidi Happy, Atomic Shelters, Rustie, Digitaria, Kid Koala, Ludovic B, Mr. Pigman & Tit Family.

Samedi 1er juin 2013, dès 14h. (prix: 75 fr.): Stephan Eicher, Olivia Ruiz, Orelsan, The Bewitched Hands, Olivia Pedroli, The Animen, Tweek, Antipods, Âme, Spitzer, Jay Shepheard, Mathieu Raetz, Pharao Black Magic, Psycho Weazel.

Dimanche 2 juin 2013, dès 11h. (prix :65fr.): Goran Bregovic feat Stephan Eicher, Rachid Taha, Salif Keita, Lia, Mama Rosin, Junior Tshaka, Gaëtan, Crazy Pony, Ensemble vocal de Neuchâtel & la Psallette de Genève & Symphonique de Neuchâtel, Opéra Mobile.

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